Les Libanais de la diaspora devant le mur d’enceinte du palais Bustros avec une banderole sur laquelle on peut lire : « Les émigrés réunis, les émigrés vont rentrer. »
Après le court répit de Noël, et en dépit des averses qui frappent le Liban depuis plusieurs jours, les contestataires libanais, notamment un groupe d’expatriés revenus pour les fêtes, ont repris hier leurs actions ciblées contre les administrations publiques dans tout le pays.
Plus d’une centaine de Libanais expatriés, revenus à Beyrouth pour les fêtes de fin d’année, ont ainsi participé dans l’après-midi à une marche symbolique à Beyrouth afin de montrer « aux politiciens corrompus que les Libanais du monde entier leur demandent de partir ».
Parti de devant le ministère des Affaires étrangères, à Achrafieh, le cortège s’est rendu jusqu’à la place de l’Étoile, dans le centre-ville. La place du Parlement est actuellement fermée au public et les protestataires réclament souvent sa réouverture. Parapluie en main, ils se sont ensuite dirigés à Hamra, jusqu’à la Banque du Liban, pour réclamer « l’argent volé et détenu par les banquiers », selon les slogans scandés par la foule.
La marche a été organisée à l’initiative du collectif Meghterbin Mejtemiin (Expatriés réunis, en arabe), qui chapeaute les initiatives de la diaspora libanaise dans 45 pays, dans le cadre du grand mouvement de contestation contre la classe dirigeante libanaise, explique Marc Tuéni, qui vit à Paris. « Nous vivons au jour le jour avec la révolution au Liban, dans tous les pays où il y a des expatriés, a-t-il indiqué.
Aujourd’hui, nous avons rassemblé les expatriés qui sont au pays pour cette marche, pour montrer aux politiciens corrompus que les Libanais du monde entier leur demandent de partir », a-t-il déclaré à L’Orient-Le Jour, pendant que la foule criait « le peuple veut la chute du régime ». Des protestataires expatriés nous ont affirmé qu’ils ne demandent qu’à retourner au Liban, à condition d’avoir des opportunités de travail. « La plupart des personnes qualifiées pour relancer l’économie se trouvent en dehors du pays », a déploré Robert à L’Orient-Le-Jour. Elles « veulent toutes revenir travailler dans leur pays, pour leur pays », a-t-il assuré.
Dans d’autres régions du pays, des mouvements similaires de protestation ont été organisés. À Tripoli, des dizaines de personnes se sont rassemblées devant le siège de la Banque du Liban, sous le slogan « Nous ne paierons pas ». Ils ont scandé leur refus des politiques bancaires et financières observées par la BDL, dénonçant la corruption et le contrôle par les banques « des fonds des citoyens ».


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