La juge Ghada Aoun. Photo d’archives ANI
La procureure de la cour d’appel du Mont-Liban, la juge Ghada Aoun, a ordonné hier l’arrestation de la directrice du centre d’enregistrement et de contrôle technique des véhicules, Hoda Salloum, sur la base d’une note d’information déposée par l’avocat Wadih Akl. Cette note d’information évoque des accusations de pots-de vin, de faux et usage de faux, dilapidation de fonds publics et enrichissement illégal.
Dès l’annonce de l’arrestation de Mme Salloum, le député Hadi Hobeiche (affilié au courant du Futur), qui est l’avocat de cette dernière, s’est rendu au Palais de justice de Baabda, d’où il s’en est violemment pris à la juge Aoun, la qualifiant de « milicienne » et de « symbole de la corruption ». « Elle n’a pas le droit de prendre cette décision qui revient au ministère de l’Intérieur (...) Elle se comporte de manière milicienne avec les avocats, les juges et les citoyens », a déclaré M. Hobeiche, avant de prévenir : « Nous ne nous tairons plus à partir d’aujourd’hui. »
Le ministre d’État sortant pour les Affaires présidentielles, Salim Jreissati (proche du président Michel Aoun), a, pour sa part, condamné les déclarations de M. Hobeiche. « Un député menace une procureure dans son bureau et lance des accusations, alors que dans le même temps, il réclame l’indépendance du pouvoir judiciaire. Il agit vraiment pour un futur prometteur », a écrit M. Jreissati sur son compte Twitter.
« Hoda Salloum est l’une des fonctionnaires les plus méticuleuses et les plus honnêtes de l’État libanais, a de son côté écrit l’ancien ministre de l’Intérieur Nouhad Machnouk sur son compte Twitter. Ce qui s’est passé est une violation des règles juridiques : convoquer un directeur général sans autorisation du ministre concerné n’est pas une question anodine. » Et de poursuivre : « Le ministre de la Justice devrait prendre les mesures nécessaires pour remettre les pendules à l’heure, faute de quoi il n’y aura pas de justice équitable ni d’État capable. »
En soirée, M. Hobeiche est revenu à la charge et a tiré à boulets rouges sur le Courant patriotique libre dont la juge Ghada Aoun serait proche. Lors d’un entretien accordé à la LBCI, il a accusé le CPL de vouloir substituer à Mme Salloum un directeur général affilié au courant aouniste. « Il est clair qu’en fabriquant de toutes pièces un dossier judiciaire incriminant l’actuelle directrice, le CPL convoite ce poste. Qu’il le fasse donc par le biais des procédures constitutionnelles en vigueur, non de cette manière », a lancé le député.
Depuis le début du mouvement de contestation contre la classe politique, jugée incompétente et corrompue par les manifestants, la justice s’est mise en branle à l’encontre de plusieurs responsables de l’administration publique.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine