En réaction aux derniers événements, les partisans de Michel Aoun ont essayé de sauver ce qu’il lui reste de crédibilité en répétant à l’envi qu’il était le « père de tous ».
Moi qui ai perdu mon père il y a 25 ans, je vais vous dire pourquoi je ne peux l’accepter comme père de substitution.
Mon père m’a appris que l’écoute était le matériau de notre humanité, que la culture devait imprégner notre vie et que la dignité devait guider tous nos pas.
Mon père m’a appris que l’amour était le grand legs du Christ et que ses manifestations étaient l’humilité, la générosité et la compréhension de l’autre.
Mon père m’a appris que l’intégrité était indivisible et ne pouvait se négocier, il m’a appris à préférer le tout plutôt qu’une partie et le Liban plutôt que ma confession.
Mon père m’a appris aussi que les responsabilités impliquaient des devoirs plutôt que des droits et qu’un mandat public ne se partage pas en famille.
Pour toutes ces raisons, M. Aoun et en mémoire de mon père, et de tous les autres, qui sont morts des désastres humains, économiques et matériels engendrés par ces aventures militaires surnommées «guerre de libération », et « guerre d’élimination », je ne peux accepter que vous vous attribuiez le titre de père.
D’ailleurs, ces jeunes qui remplissent les places sont plus intelligents et plus modernes que nous et ont dépassé le concept obsolète du paternalisme politique, ils suivent leurs idéaux et leurs valeurs au lieu de suivre des hommes et des partis.
Ce sont eux qui m’ont appris, 25 ans plus tard, à ne plus chercher un père !
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