Le ministre sortant du Travail Camille Abousleiman a annoncé mardi travailler sur un projet de loi permettant de "mieux protéger les salariés en ces circonstances exceptionnelles" que traverse le Liban, alors que le nombreuses sociétés souffrent de la dégradation de la situation économique et financière, qui s’est muée depuis la fin de l’été en crise de liquidités.
"Près de 70 sociétés ont présenté des demandes de licenciements collectifs au cours des 10 derniers jours" conformément au mécanisme mis en place à cet effet la semaine dernière, a annoncé le ministre Abousleiman lors d'une conférence de presse au siège de la Confédération générale des travailleurs du Liban (CGTL). Il a souligné que son ministère s'efforce de "limiter le nombre des personnes licenciées". Pour ce faire, le ministère mène des négociations avec les parties concernées et demande aux entreprises de "prendre des mesures moins conséquentes". "Nous demandons aux sociétés qui ont pu prospérer pendant des années de ne pas licencier leurs employés aux premières difficultés rencontrées", a-t-il exhorté, déclarant que le ministère condamne "tout licenciement préventif". Si une entreprise ne présente pas de dossier au ministère concernant d'éventuels licenciements, ceux-ci seront considérés comme "abusifs", a mis en garde Camille Abousleiman. Dans ce contexte, "nous étudions la possibilité de présenter une proposition de loi offrant plus de protections aux salariés en ces circonstances exceptionnelles", a ajouté le ministre sortant.
De son côté, le président de la CGTL a déclaré que depuis le début de "l'énorme crise" au Liban, les salariés ont perdu "30 à 40% de leur pouvoir d'achat".
Lors d'une conférence de presse conjointe, l'organisation Legal Agenda, qui œuvre pour la réforme du secteur judiciaire, et l'Observatoire libanais pour les droits des ouvriers et des salariés ont pour leur part appelé les autorités à "proclamer l'état d'urgence" économique afin de protéger la stabilité de l'emploi. Les deux organisations ont appelé le ministère du Travail à réactiver le rôle des inspecteurs en charge de repérer toute violation des droits des salariés et à accélérer la mise en place de conseils d'arbitrage du travail.
Sur le terrain, plusieurs entreprises ont décidé de réduire les salaires de leurs employés, parfois de 50 % pour les mois de novembre et décembre et/ou de licencier une partie de leur personnel, comme l’ont confirmé plusieurs témoignages à L’Orient-Le Jour. Une tendance confirmée cette semaine par un sondage réalisé par Infopro sur un échantillon de 300 entreprises.
C'est dans ce contexte que M. Abousleiman avait annoncé la création d'une commission d’urgence pour faire face à la hausse des demandes de consultation émanant de nombre d’employeurs ayant notifié leur intention de cesser leur activité et de salariés contestant les procédures de licenciement dont ils ont fait l’objet. Cette commission a pour mission "d’étudier chaque cas soumis" afin d’orienter les procédures le plus efficacement possible.


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