Il a tellement semé que sa belle âme reste enracinée dans les cœurs et les esprits de ceux qui l’ont connu. L’ambassadeur Paul Blanc a été rappelé par son créateur.
Homme de poigne, de décision et d’authenticité, Paul Blanc, au visage sévère, cachait un cœur d’enfant. Durant son séjour au Liban (1987-1989), Paul Blanc avait dévoilé son humilité, son don total au service de la vérité, du savoir et surtout de l’épanouissement des êtres humains talentueux.
Homme de service, nous n’avions pas besoin de solliciter son aide, il la devinait. Homme joyeux, il animait l’ambiance par sa seule présence et par son humour pétillant, qu’il partageait avec sa tendre épouse Josette. Ensemble, ils vivaient la bienveillance, l’amitié et la fidélité.
Paul Blanc était un homme remarquable. Son interlocuteur ne pouvait le quitter sans être impressionné par son regard de chercheur et d’investigateur avide de vérité et de transparence. Il ne cessait de répéter : « Dans ce chemin de la vie que chacun parcourt à son tour, qui donc pourrait marcher longtemps sans bonté ni justice ? »
Vaillant et courageux, il défiait les barrages, les tirs, les obus, le danger, pour s’enquérir de nos besoins, de ceux des sœurs de Nazareth, de l’hôpital Rizk. Inquiet certes, mais sans jamais le montrer, il a secouru bien des Libanais, sauvé des écoles et des centres de secours du naufrage…
Il a aimé le Liban à qui il a consacré des conférences après sa retraite. Il répétait souvent « soyez fière d’être libanaise, le Libanais est un citoyen planétaire. Il est le fils de l’univers », anticipant le célèbre « Liban-message » de Jean-Paul II. Inquiet, il m’avait confié un jour, avec une clairvoyance prémonitoire : « Avertissez les Libanais de vivre modestement, car le jour arrivera où vous serez privés de tout. »
Précieux Paul Blanc, soyez assuré que nous continuerons d’œuvrer avec fierté et persévérance pour la francophonie et pour l’amitié entre le Liban et la France. Votre nom restera attaché à celui de mon fils Chahid, qui nous a quittés si tôt, et Gherfine, que vous nommiez « votre seconde résidence », gardera à tout jamais votre mémoire vivante.

