Depuis Budapest (Hongrie), et à l’heure même où ses partisans et alliés se déchaînaient à Monnot, Aïn el-Remmaneh et Bickfaya contre l’intifada populaire, le ministre des Affaires étrangères, Gebran Bassil, s’en est pris hier au soulèvement du 17 octobre, attribuant son inspiration à des forces étrangères et affirmant que ces forces « promettent aux Libanais un autre printemps mais lui préparent un autre hiver ».
Intervenant dans une conférence internationale sur la persécution des chrétiens qui se tenait à Budapest, en présence du Pemier ministre hongrois, Viktor Orban, et de plus de 600 invités du monde entier, dont le patriarche des chaldéens orthodoxes, M. Bassil a affirmé :
« Imaginez-vous qu’un ancien dirigeant occidental (qu’il n’a pas nommé) a récemment déclaré que faute de pouvoir réduire directement l’importance d’une composante musulmane libanaise, en raison de son extrême force, il suffit de réduire l’importance de la composante chrétienne qui s’entend avec elle ; ainsi, on l’affaiblirait indirectement en l’isolant politiquement sur le plan national, même si les tentatives de l’isoler devaient conduire à une discorde et une guerre interne qui déboucherait, en fin de compte, sur l’affaiblissement concomitant de la patrie et de cette composante chrétienne. »
« Imaginez-vous, a renchéri M. Bassil, que l’on promet aux Libanais un autre printemps alors qu’on lui prépare un autre hiver, sous la forme d’un soulèvement légitime qui a commencé coloré, mais pourrait finir tout noir, si le vent de la haine, de l’incitation, des insultes, de la division des régions et de la fermeture des institutions constitutionnelles publiques et privées continue de souffler. »
(Lire aussi : « Pourquoi ne s’en prennent-ils qu’à Aoun et Bassil ? »)
Laïcité croyante
Par ailleurs, M. Bassil a défendu une vision traditionnelle d’un Liban où « le danger qui menace une composante libanaise menace le Liban tout entier ». Il a toutefois débordé de ce cadre pour parler « de son caractère de parité unique » au niveau des institutions constitutionnelles, qu’il voudrait voir s’étendre à tous les échelons de l’administration. M. Bassil a enfin pris parti en faveur d’un « État de nature civile » et d’une « laïcité croyante », modèles idéaux selon lui « pour la préservation de la coexistence islamo-chrétienne ».
On rappelle qu’une séance parlementaire, qui devait interpréter l’article 95 de la Constitution réglementant cette parité, a été annulée par le président de la Chambre, en raison des circonstances.
La Hongrie se singularise en Europe pour son engagement en matière de défense des chrétiens « persécutés », ne mâchant pas ses mots quand c’est le cas, et plaidant pour le maintien sur place des chrétiens du monde arabe. Budapest a notamment accordé au Liban un don spécifiquement destiné à la restauration des vieilles églises.
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Intervenant dans une conférence internationale sur la persécution des chrétiens qui s'est tenue à Budapest, Gébran Bassil est intervenu au nom des chrétiens libanais : 1 - Le Liban étant une République laïque, personne n'a le droit de représenter officiellement une communauté religieuse quelconque. 2 - Quelle est l'autorité qui a chargé un ministre démissionnaire de participer au nom d'une communauté religieuse à l'étranger ? 3 - Qui a payé les frais d'un voyage en Hongrie d'un ministre pour parler au nom d'une communauté libanaise ?
15 h 02, le 28 novembre 2019