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Moyen Orient et Monde - Interview express

La décision US concernant les colonies était « en préparation depuis un moment »

« L’Orient-Le Jour » a interrogé Aaron David Miller, ancien conseiller et négociateur auprès de différentes administrations américaines et membre du Wilson Center.

Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo prenant la parole lors d’une conférence de presse au département d’État américain, le 18 novembre 2019, à Washington, DC. Drew Angerer/Getty Images/AFP

Washington s’est, une nouvelle fois, soustrait aux résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU en faveur de son allié israélien. Après avoir reconnu Jérusalem comme capitale de l’État hébreu et reconnu sa souveraineté sur le Golan, les États-Unis, par l’intermédiaire du secrétaire d’État américain Mike Pompeo, ont estimé lundi après-midi que la colonisation israélienne en Cisjordanie occupée « n’est pas contraire au droit international ». Washington revient ainsi sur la position officielle qu’il affiche depuis 1978 sur cette question.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a salué cette décision, y voyant « le reflet d’une vérité historique », tandis que les dirigeants palestiniens l’ont de leur côté, sans surprise, condamné. Saëb Erakat, le secrétaire général de l’OLP, a parlé d’une « menace pour la paix ».Cette décision semble arriver à point nommé pour Donald Trump, en début de campagne présidentielle, mais aussi pour le chef du gouvernement israélien qui avait annoncé son intention, en septembre, de procéder à l’annexion de la vallée du Jourdain s’il était réélu.

Le point sur la situation avec Aaron David Miller, ancien conseiller et négociateur auprès de différentes administrations américaines et membre du Wilson Center.

Comment expliquer la nature et le timing de la décision de la Maison-Blanche ?

Il n’y a pas de réponse exacte en ce qui concerne le timing. Il y a un grand nombre de motifs que l’on peut évoquer pour sauver M. Netanyahu, surtout durant la période délicate de défis politiques qu’il traverse actuellement.Il était clair depuis son entrée à la Maison-Blanche, l’administration Trump a opéré une véritable « reformulation » de la politique américaine vis-à-vis de la question palestinienne. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les Américains l’ont fait de manière très systématique.Ils ont considérablement réduit les chances pour les Palestiniens de se doter d’un État, créé une « solution » pour Jérusalem donnant la priorité aux besoins israéliens par rapport aux Palestiniens, balayé le problème des réfugiés en dénigrant l’Unrwa, en cherchant à « recatégoriser » un réfugié palestinien.Et maintenant, voilà la « légalisation » des colonies israéliennes. Cela était en réalité en préparation depuis un moment au sein de l’administration Trump. Il y a par ailleurs un certain nombre de défenseurs de la colonisation israélienne dans les territoires occupés, tel l’ambassadeur américain en Israël, David Friedman.Mais une chose doit être claire : depuis 30 ans, et plus exactement depuis le mandat de Ronald Reagan, nous avons évité ce problème et n’avons rien fait pour décourager les activités israéliennes.


(Lire aussi : Décision américaine sur les colonies d'Israël : réprobations dans le monde)



Quels enjeux de politique intérieure pour Donald Trump ?

Il s’agit bien entendu d’apporter une bouffée d’énergie positive pour sa base électorale, en particulier les chrétiens évangéliques, les républicains conservateurs et les électeurs pro-Israéliens. Tous les aspects de la politique étrangère de Donald Trump, ou du moins presque tous, découlent d’un (ou plusieurs) calcul(s) politique(s) intérieur(s).

Est-ce que cela peut donner un coup de pouce politique à Benjamin Netanyahu ?

On ne sait pas vraiment. Le temps qu’avait Benny Gantz pour former un gouvernement s’épuise mercredi (aujourd’hui). Il ne va probablement pas réussir à le faire. Israël va maintenant rentrer dans une période de 21 jours au cours desquels les membres de la Knesset (le Parlement israélien) tenteront de former un gouvernement. S’ils n’y parviennent pas, il y aura un troisième round d’élections législatives.

Et si M. Netanyahu provoque de nouvelles élections et arrive, à l’issue de celles-ci, à former un gouvernement de droite, alors la décision de la Maison-Blanche va s’avérer essentielle. Sinon, son avenir politique risque d’être très compliqué, voire très sombre, et ce que MM. Trump et Pompeo ont annoncé lundi va s’avérer moins important.

Mais je ne crois pas que la décision de la Maison-Blanche changera fondamentalement la situation politique dans laquelle se trouve M. Netanyahu. Il faut noter que Benny Gantz, grand rival électoral de « Bibi », a fortement applaudi le geste de Washington dont il connaissait, selon un journaliste israélien, l’arrivée avant M. Netanyahu. Il l’aurait appris de la bouche de l’ambassadeur américain.



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commentaires (3)

- Archives : Lorsque Israël s'emparait des hameaux de Chebaa (Golan) en 1967, c'est le drapeau syrien qui flottait sur le modeste poste de gendarmerie local. (Issa Goraieb OLJ 4/5/2019). - Mike Pompeo : Les Etats-Unis ont reconnu la souveraineté d'Iaraël sur le Golan. - Dès aujourd'hui, le Hezbollah pro-iranien n'a plus aucune raison de garder ses armes iraniennes et de s'abstenir de s'appeler "résistance" puisque le seul motif de garder son arsenal était de libérer les Hameaux de Chebaa qu'Israël occupa en 1967 en tant que terres syriennes vu que la Syrie n'a jamais reconnu leur appartenance au Liban. CQFD

Un Libanais

20 h 18, le 20 novembre 2019

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Commentaires (3)

  • - Archives : Lorsque Israël s'emparait des hameaux de Chebaa (Golan) en 1967, c'est le drapeau syrien qui flottait sur le modeste poste de gendarmerie local. (Issa Goraieb OLJ 4/5/2019). - Mike Pompeo : Les Etats-Unis ont reconnu la souveraineté d'Iaraël sur le Golan. - Dès aujourd'hui, le Hezbollah pro-iranien n'a plus aucune raison de garder ses armes iraniennes et de s'abstenir de s'appeler "résistance" puisque le seul motif de garder son arsenal était de libérer les Hameaux de Chebaa qu'Israël occupa en 1967 en tant que terres syriennes vu que la Syrie n'a jamais reconnu leur appartenance au Liban. CQFD

    Un Libanais

    20 h 18, le 20 novembre 2019

  • PLUS BETE DECISION ET GAFFE ?

    JE NE COMMENTE PAS. JE PARLE AU PEUPLE.

    13 h 32, le 20 novembre 2019

  • Cette décision est injuste et ne sert pas la paix dans la région. Placer son ambassade a Jérusalem est une chose mais considérer l'accaparement de terres de ses propriétaires, par la force, en est une autre. Le peuple Palestinien a aussi le droit de vivre en paix sur ses terres et les USA comme la communauté internationale se doivent de mettre une certaine pression pour arriver a un compromis. Les Palestiniens ne doivent plus espérer tout récupérer mais essayer d'en sauver le plus possible. La Libye... out! La Syrie... Out! l'Iran ... en passe d’être out! Quand a la Turquie elle va finir très bientôt comme la Syrie. La région sera pacifiée coûte que coûte car elle sera le réservoir de combustibles pour les puissances mondiales comme la Chine, l'Europe, Japon, etc... Jamais, au grand Jamais, ceux ci accepteront de laisser de telles richesses être géré par des criminels ou dictateurs. Si ceux-ci ne partent pas dans le calme alors les sanctions damnent la piste et les peuples suivent... Il n'est donc pas étonnant que lors du vote des sanctions la Russie et la Chine ont appuyé les USA... Si le Hezbollah n'a rien compris, alors le peuple Libanais, dans son ensemble, le lui fait comprendre aujourd'hui... A mes concitoyens Chiites ou autre supporter du parti Iranien: Soyez enfin Libanais et ne laissez pas Hassouna vous conduire a Qoussair!

    Pierre Hadjigeorgiou

    09 h 46, le 20 novembre 2019

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