Fouad ZMOKHOL

J’ai repris confiance...

REUTERS/Aziz Taher

J’ai repris confiance lorsque j’ai vu des jeunes, toutes communautés confondues, se tenant d’une main et demandant le changement, et levant de l’autre main bien haut un seul drapeau, celui du cèdre du Liban.

J’ai repris confiance lorsque j’ai vu un peuple que l’on croyait endormi ou suiveur, dans toutes les régions libanaises, briser les murs de la crainte et de la peur, défiant les tabous de la guerre et scandant des noms naguère interdits, demandant des comptes.

J’ai repris confiance lorsque j’ai vu des militaires ne pouvant plus tenir, laissant couler quelques larmes d’émotion ou tenant une main timide derrière le dos, face à un peuple souffrant qui leur tendait des fleurs et leur offrait des sourires réconfortants et des regards complices.

J’ai repris confiance lorsque j’ai vu des femmes exceptionnelles, devenues le symbole de cette « révolution », défiant les armes et les matraques avec un courage impressionnant et une bravoure inégalable.

J’ai repris confiance lorsque j’ai vu avec joie et étonnement que la place que l’on nous avait fait croire durant tant d’années être le fief du terrorisme n’était autre qu’un lieu de fête, de célébration et de joie de vivre.

J’ai repris confiance lorsque j’ai vu des personnes – tous âges confondus – défier les pluies torrentielles afin de ne pas abandonner leurs demandes légitimes, ni baisser les bras ou le ton.

J’ai repris confiance lorsque j’ai vu des jeunes volontaires de toutes classes sociales venir nettoyer aux aurores les places centrales, avec séparation des déchets pour un recyclage tant promis et espéré.

J’ai repris confiance lorsque j’ai vu tout un peuple se soulever contre la corruption galopante qui nous ronge depuis la fin de la guerre. J’ai repris confiance lorsque j’ai vu un peuple se réconcilier – réconciliation dont on rêvait depuis bien longtemps – d’abord avec lui-même mais surtout avec ses frères et sœurs, toutes communautés et religions confondues, sans aucune intrusion locale ou étrangère.

J’ai repris confiance lorsque j’ai vu un peuple donner au monde entier l’image d’une vraie révolution civile et pacifique, l’image d’une vraie démocratie, avec comme thèmes principaux l’amour de la patrie et le respect d’autrui, à tel point que cette crise a mérité sa qualification de « lovevolution ».

J’ai repris confiance lorsque j’ai entendu des cris de douleur et de souffrance d’un peuple qui refuse de se rendre, déterminé plus que jamais à affronter le destin pour reprendre son bien, recommencer sur de nouvelles bases et tout reconstruire, mais surtout se reconstruire.

J’ai repris confiance lorsque j’ai vu des pères et mères de famille défier tout obstacle pour garder leurs enfants au Liban et leur offrir des chances pour bâtir une vie meilleure, une vie humble, une vie « humaine ».

J’ai repris confiance lorsque j’ai vu nos frères expatriés – que nous croyions avoir perdus à jamais – se rassembler dans leurs pays hôtes autour du globe et scander les mêmes slogans, qui ne sont autres que les raisons qui les avaient poussés à quitter leur terre natale.

J’ai repris confiance lorsque j’ai vu des femmes, des enfants et des personnes âgées se tenir la main pour former une chaîne humaine reliant le Nord au Sud et avec pour seul but d’adresser un message d’unité, d’entente, de respect et d’amour fraternel.

J’ai repris confiance lorsque j’ai compris que notre peuple ne se rendra pas, n’abandonnera jamais sa lutte et sera toujours un exemple de résistance et de résilience pour le monde entier.

Président du Rassemblementde dirigeants et chefs d’entreprise libanais dans le monde (RDCL-World)

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour.


J’ai repris confiance lorsque j’ai vu des jeunes, toutes communautés confondues, se tenant d’une main et demandant le changement, et levant de l’autre main bien haut un seul drapeau, celui du cèdre du Liban.

J’ai repris confiance lorsque j’ai vu un peuple que l’on croyait endormi ou suiveur, dans toutes les régions libanaises, briser les murs de la crainte et de la...

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