Nicolas SBEIH

Le grand Satan

REUTERS/Mohamed Azakir

Maintenant qu’on a lynché tous les politiques, à raison, il fallait se mettre quelque chose sous la dent. C’est tout trouvé : les « capitalistes ». Alors on a cherché. L’industrie : déjà en crise. L’agriculture : pire. Le tourisme : à peine. Le commerce : il fut un temps... Reste le secteur bancaire. En voilà un qui survit. Pire, il fait des profits (à peine 10%) ! Quelle indécence, quelle honte. Il ne peut pas essuyer des pertes comme tout le monde ? Le secteur est à la base de l’économie ? Et alors, il fallait qu’il tombe aussi.

Et puis, pour personnifier cet ennemi juré, on a trouvé le type à descendre : Riad Salamé, « la tête de vipère », le grand responsable de nos maux. Il a pris des initiatives controversées ? Peut-être, la finance n’est pas une science exacte. N’empêche qu’il jongle depuis 1992 entre les crises politiques, les guerres, les Ghazi Kanaan, les corruptions, déficits, sanctions, pressions, Hezbollah, normes internationales, voisins en ébullition… Pas un jour ne passe sans défi à relever. Mais pas une banque n’a fait faillite, pas un déposant n’a perdu son argent, alors qu’il a suffi de trois jours pour que des mastodontes bancaires internationaux se fracassent le crâne en 2008, dans les pays les plus sûrs. Des prix internationaux, Riad Salamé en a amassé à la pelle. N’empêche qu’il faut le descendre à tout prix, avec ses banquiers capitalistes ! C’est un peu comme si on lynchait le pompier qui n’arrive pas à éteindre tous les incendies que les politiques ont allumés et attisent tous les jours que Dieu fait.

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour.


Maintenant qu’on a lynché tous les politiques, à raison, il fallait se mettre quelque chose sous la dent. C’est tout trouvé : les « capitalistes ». Alors on a cherché. L’industrie : déjà en crise. L’agriculture : pire. Le tourisme : à peine. Le commerce : il fut un temps... Reste le secteur bancaire. En voilà un qui survit. Pire, il fait...

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Pour avoir mis en oeuvre les sanctions décrétées par l’Amérique contre le Hezbollah (avait-il le choix, d’ailleurs?), il est devenu la bête noire du parti prétendument de Dieu. Un peu de propagande et voilà nos contestataires dévoyés vers un leurre.

Yves Prevost

07 h 17, le 08 novembre 2019

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Commentaires (1)

  • Pour avoir mis en oeuvre les sanctions décrétées par l’Amérique contre le Hezbollah (avait-il le choix, d’ailleurs?), il est devenu la bête noire du parti prétendument de Dieu. Un peu de propagande et voilà nos contestataires dévoyés vers un leurre.

    Yves Prevost

    07 h 17, le 08 novembre 2019