Accompagnée du député Joseph Isaa, Sethrida Geagea a été reçue hier à Bkerké par le patriarche maronite, Mgr Béchara Raï. (Photo ANI)
Sethrida Geagea, députée des Forces libanaises, a accusé hier le chef du Courant patriotique libre (CPL, fondé par le chef de l’État Michel Aoun) Gebran Bassil d’avoir voulu « provoquer des dissensions » entre ces deux formations politiques chrétiennes, ce qu’a démenti le bureau de presse de M. Bassil.
Lors d’une conférence de presse à l’issue d’une réunion à Bkerké avec le patriarche maronite, Mgr Béchara Raï, Mme Geagea a commenté la pancarte brandie dimanche par un manifestant présent au rassemblement de soutien au président Aoun. « Attendre que Gebran Bassil démissionne est comme attendre que Sethrida Geagea tombe enceinte », était-il écrit sur cette pancarte.
Pour la députée et épouse du chef des FL Samir Geagea, « Qozhaya Youssef, le soldat de la garde présidentielle qui a brandi ce panneau, n’est pas la personne qui a écrit ce slogan. Via M. Youssef, Gebran Bassil a essayé de créer des dissensions entre les jeunes des FL et ceux du CPL », a-t-elle souligné. Elle a dans ce contexte indiqué avoir la conviction que « ce slogan ne représente pas la mentalité des jeunes partisans » du parti aouniste. « Que Dieu pardonne à M. Bassil », a-t-elle déclaré. Sethrida Geagea a en outre souligné qu’elle avait fait « le sacrifice de ne pas devenir mère au nom de son pays ».
Peu après, le bureau de presse de Gebran Bassil, dans un communiqué, a qualifié de « mensonges » les propos de la députée FL. Le texte dément « tous les mensonges que profère, comme d’habitude, la députée Sethrida Geagea ».
« Gebran Bassil ne connaît absolument pas Qozhaya Youssef », précise le communiqué, qui ajoute que le CPL condamne ce qui était écrit sur la pancarte brandie par M. Youssef. « Nous n’avons jamais accepté que l’on s’en prenne à la vie personnelle » des responsables et « condamnons toute atteinte aux femmes et à leur dignité », souligne le bureau de presse de M. Bassil. Il accuse également « certains partisans des FL d’avoir insulté, fermé des routes, extorqué des fonds, endommagé des biens publics et privés et empêché certains citoyens de traverser des barrages routiers », dans le cadre du mouvement de contestation contre la classe dirigeante.
Pour en revenir à Mme Geagea, la députée a fait état d’une convergence de vues avec le patriarche maronite au sujet du soulèvement populaire contre la classe politique, en soulignant un « manque de confiance absolu des Libanais à l’égard des politiques, à commencer par nous ». Elle a de nouveau plaidé en faveur de la formation d’un gouvernement de spécialistes, en réaffirmant que les Forces libanaises ne comptent pas faire partie de la nouvelle équipe ministérielle. Pour elle, c’est un gouvernement de spécialistes « qui peut aujourd’hui sauver le Liban ». « Sinon, l’explosion de colère à laquelle nous assistons aujourd’hui s’accentuera », a-t-elle averti.
Mme Geagea a enfin pressé le président Michel Aoun d’engager des consultations parlementaires contraignantes pour la nomination d’un nouveau Premier ministre, en arguant du fait « que la situation ne tolère aucun retard ».


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Du moment où des participants au rassemblement de Baabda ont vu la pancarte du garde, sans réagir, en lui disant de la baisser, les rend presque coupables et complices de cette atteinte à l'honneur de Mme Geagea, ai3b !
12 h 44, le 06 novembre 2019