Michel Eddé avec le patriarche Béchara Rai. Photo Emile EID
Cher Michel,
Je suis passé à ta maison retrouver ta famille dont tu étais justement fier et dont la réussite a traversé les frontières. J’ai trouvé ta chaise vide, mais ton grand esprit présent, et ressenti une grande tristesse, se mêlant à la force du souvenir de ta passion, ton enthousiasme et ton appétit de la vie, ton charme et ton humour en toutes circonstances, ton don inégalé pour raconter les histoires, en tenant tes visiteurs en haleine, admirant ta grande culture universelle et ta mémoire des détails. Ton esprit brillant m’a marqué profondément et m’a accompagné depuis ma jeunesse, dans toutes les étapes, personnelles, familiales ou nationales. Tant de choses à raconter… Les longues conversations où tu me prodiguais tes conseils et me chuchotais des secrets avec complicité, et les appels téléphoniques pour m’encourager toujours, qui finissaient par : « Tu sais… tu es comme mon fils. »
Je n’ai pas eu l’occasion de te le dire une dernière fois, mais tu le sais, tu es et resteras un repère dans ma vie et celle de ma famille, et dans la vie de beaucoup de Libanais. Tu nous manqueras tant, dans ta force intellectuelle, et même dans ta fragilité physique des derniers temps.
Aujourd’hui, au vu de tous les abus qui accablent notre pays, il n’est pas superflu d’ajouter combien nous tous Libanais aurions eu besoin de toi à la présidence de la République pour ta vision et toutes les qualités que tu as montrées durant toutes les étapes de ta vie, dans les activités que tu as entreprises.
Tu es un patriarche civil qui aurait eu l’autorité morale de guider un pays et son peuple qui souffre. Un Beyrouthin, grand Libanais et vrai chrétien rassembleur face aux divisions; beaucoup en ont témoigné et en témoigneront encore pendant longtemps.
Tu as certainement gagné une grande place de Juste ici-bas et ta place sera sans doute tout aussi garantie dans l’au-delà. Salue Pierre et Nadia.


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