Photo Mohamad Ataya
Rien n’est aussi désespérant que de ne pas trouver une nouvelle raison d’espérer !
C’est ce que des dizaines de milliers de Libanais ressentaient avant le 16 octobre ! Désenchantés, écœurés, blasés, nombreux sont ceux qui avaient tourné la page Liban dans leur cœur ! Et les causes sont nombreuses : des gouvernements qui se succèdent et se ressemblent avec leur cortège de ministres corrompus, sans vergogne, piochant dans les caisses publiques comme s’ils en étaient les propriétaires légitimes, s’enrichissant de façon inversement proportionnelle à l’appauvrissement du peuple, méprisant la population, dédaignant l’environnement et mère nature, incapables de fournir l’infrastructure de base telle que l’électricité ou l’eau 24h/24 en raison de manœuvres politiciennes et mafieuses, négligeant la question cruciale des ordures et ne se souciant que de leurs prochaines élections !
La grande déception est sans nul doute la politique ou plutôt l’absence de politique du CPL qui avait fait de la réforme et du changement son leitmotiv ! Après trois ans au pouvoir et détenant le plus grand bloc parlementaire de 29 députés, 11 ministres, une pléthore de hauts fonctionnaires et une armée à sa solde, quel est le bilan de ce parti ? Qu’a-t-il réformé? Changé ? Amélioré ? Mis à part les compteurs électriques, le pont de Jal el-Dib et le vote des émigrés, quelles ont été les réformes entreprises ? A-t-il assaini l’administration et ses milliers de fonctionnaires employés à ne rien faire ? A-t-il établi un processus de contrôle de la corruption? Freiné le gaspillage et la dilapidation des deniers publics? Entrepris de sanctionner et juger les coupables ? Après des années de formulations conjuguées au futur, de promesses non tenues, de vœux pieux, le bilan est désolant : une corruption omniprésente dans toutes les institutions publiques, la déliquescence de l’État, la paupérisation de la population, une économie exsangue, l’absence de mesures sociales ou socio-économiques, un taux de chômage record de 35 % et aucune mesure pour la relance de l’économie et l’emploi. De surcroît, en se mettant à dos les pays arabes dont le Liban dépend économiquement pour s’aligner sur la République islamique d’Iran, a-t-il seulement prévu les conséquences désastreuses de cette rupture avec nos principaux bailleurs de fond, les pays arabes où gagnent leur pain quotidien environ 150 000 Libanais si l’on compte les pays du Golfe, le Koweït et l’Arabie saoudite ? Ces trois dernières années, les ressortissants de ces pays ont évidemment boudé le Liban, le privant d’une manne ô combien nécessaire en cette période de marasme économique.
Cette révolte populaire inespérée, extraordinaire, ce sursaut incroyable de la population libanaise nous ont donné une nouvelle raison d’espérer ! Elle aura eu l’immense mérite d’empêcher que le Liban ne se défasse !
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