Washington « appelle les dirigeants politiques libanais à faciliter, de manière urgente, la création d’un nouveau gouvernement », a déclaré Mike Pompeo dans un communiqué. Kenzo Tribouillard/Pool via Reuters/File Photo
Le secrétaire d’État américain, Mike Pompeo, a appelé hier à la formation « urgente » d’un nouveau gouvernement « efficace » au Liban, après la démission de Saad Hariri sous la pression de la rue. Washington « appelle les dirigeants politiques libanais à faciliter, de manière urgente, la création d’un nouveau gouvernement », a déclaré Mike Pompeo dans un communiqué, ajoutant que « les manifestations pacifiques et les démonstrations d’unité nationale des 13 derniers jours avaient envoyé un message clair ». « Le peuple libanais veut un gouvernement efficace, des réformes économiques et la fin de la corruption endémique. Toute violence ou action provocatrice doit cesser », précise M. Pompeo.
Les ambassadeurs des pays membres de l’Union européenne au Liban ont également estimé dans un communiqué qu’il était « impératif » qu’un nouveau gouvernement soit formé « sans délai » et que des « réformes structurelles soient mises en œuvre ». Ils ont appelé le gouvernement à « entamer un dialogue inclusif avec la société civile ». « Nous sommes gravement préoccupés par toute atteinte à la liberté de réunion et d’expression des citoyens, ainsi que par les récents épisodes de violence liés aux manifestations », a ajouté le communiqué. Il a « félicité les forces de sécurité pour la retenue dont elles ont fait preuve jusqu’à présent » et appelé les autorités « à protéger toutes les manifestations pacifiques, comme il a invité » tous les dirigeants politiques à s’abstenir de toute rhétorique susceptible d’inciter à la violence au cours de cette période critique.
Pour sa part, le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a estimé que la population au Liban et en Irak, également secoué par des manifestations populaires, avait des demandes justes « à faire valoir, mais qu’elle devait les formuler » dans le cadre de la loi. Dans ces deux pays, « le peuple aussi a des exigences. Ces exigences sont justes, mais elles ne peuvent être réalisées que dans le cadre de la loi », a déclaré l’ayatollah Ali Khamenei dans un discours. « En cas de perturbation du cadre légal d’un pays, quand c’est le vide (...) aucune action positive ne peut plus être entreprise. » Pour le guide iranien, « l’ennemi veut perturber le cadre légal » des pays de la région. « Les États-Unis, les services de renseignements occidentaux soutenus par les fonds de quelques pays réactionnaires de la région sont en train de causer des troubles dans nos pays voisins, dans des pays dont nous sommes proches (...) en vue de détruire la sécurité » régionale, a accusé M. Khamenei. « Je voudrais dire ici à ceux qui se sentent concernés par le sort de ces pays comme l’Irak ou le Liban, empêtrés dans les problèmes, que leur priorité (doit être) de répondre à l’insécurité », a-t-il ajouté.


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