Le président libanais, Michel Aoun. Photo d'archives Dalati Nohra / Reuters
Le président libanais, Michel Aoun, dont le gouvernement a démissionné hier sous la pression inédite de la rue qui conteste le pouvoir en place, s'adressera aux Libanais demain, jeudi à 20h, à l'occasion de son mi-mandat, le chef de l'Etat ayant accédé au palais de Baaba le 31 octobre 2016.
Dans un bref message sur le compte Twitter de la présidence, il est précisé que le président Aoun "abordera les développements actuels".
Un peu plus tôt dans la journée, le président Aoun avait demandé au gouvernement Hariri d'expédier les affaires courantes, dans une première réaction à la démission du cabinet qui a été annoncée hier.
Saad Hariri a présenté hier au chef de l'Etat sa démission réclamée par des dizaines de milliers de Libanais depuis le 17 octobre 2019. Cette décision est intervenue quelques heures après une violente attaque de partisans du Hezbollah et d'Amal contre les manifestants anti-gouvernement dans le centre-ville de Beyrouth.
Cette démission intervient malgré l'opposition claire du Hezbollah à une telle décision. Dans les milieux proches du président Aoun, on reproche à Saad Hariri d'avoir pris le chef de l'Etat par "surprise", en affirmant que la décision de démissionner n'avait pas été coordonnée au préalable avec le palais de Baabda.
La révolte populaire libanaise a été déclenchée le 17 octobre par l'annonce surprise d'une taxe sur les appels via les messageries instantanées comme WhatsApp. Cette mesure a été vite annulée mais la colère ne s'est pas apaisée contre la classe dirigeante, jugée incompétente et corrompue dans un pays qui manque d'électricité, d'eau ou de services médicaux de base trente ans après la fin de la guerre civile (1975-1990).


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