Les manifestants sur la place al-Nour à Tripoli hier soir, qu’ils ne quittent pas depuis des jours. Photo ANI
La démission du Premier ministre Saad Hariri a suscité des scènes de liesse auprès des manifestants à travers le pays, mais a fait quelques mécontents dans son entourage.
De nombreuses personnalités, notamment les députés et les ministres de son bloc, lui ont rendu visite à son domicile au centre-ville de Beyrouth pour lui apporter leur soutien. Le mufti de la République, le cheikh Abdellatif Deriane, a fait partie des personnalités qui se sont rendues à la Maison du Centre, afin de saluer « la prise de position nationale dont le Premier ministre a fait preuve en démissionnant ». « Cette démission met toutes les autres parties face à leurs responsabilités historiques et nationales, qui visent à préserver la stabilité et la sécurité du Liban », a-t-il ajouté. Sur Twitter, M. Hariri a reçu des centaines de messages de soutien suite à sa démission, perçue comme un choc positif en ces circonstances difficiles. Beaucoup d’internautes ont noté la ressemblance avec son père, l’ancien Premier ministre assassiné en 2005, Rafic Hariri.
Sur un autre plan, un nombre de partisans du courant du Futur, le parti que préside M. Hariri, ont déploré le fait qu’il « ait été le seul à démissionner, comme s’il était un bouc émissaire », ainsi que l’a affirmé l’un d’eux à la LBCI. Et pour exprimer leur désapprobation, ils ont bloqué les routes de Mazraa, Tarik Jdidé, Verdun et la Cité sportive à Beyrouth, ainsi que Abboudiyé au Akkar et certains axes de la Békaa. Toutefois, le courant du Futur a publié un communiqué dans lequel il appelle ses partisans, « sur directives du Premier ministre, à ne pas organiser des mouvements de protestation dans les rues et dans les places, mais à aider l’armée et les forces de l’ordre à faciliter le passage des citoyens ».


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