AFP
Beyrouth, volée, violée, trouée, témoigne de sa noyade dans le bassin d’un monde arabe égorgeur.
Beyrouth existe, dans chacune de ses pierres brisées, chacune de ses cicatrices saignantes, dans le charmeur incontestable de ses ruines subsistantes.
Beyrouth existe dans l’âme vacante d’un peuple en désolation qui est fatigué de résister, mais toujours fière de son endurance ferme et intègre.
Je m’adresse à toi, ma chère Beyrouth, à ton espoir trahi, à ton âme déchirée, à ton existence en détresse, à ta gouvernance déloyale, injuste, égoïste et avare.
Ceci n’est pas une déclaration d’amour, ni une parole de haine. C’est le cri d’espérance d’une foule épuisée de lutter interminablement pour exister, qui cherche une vie au-delà de toute espérance. C’est une confession d’un peuple qui chante avec ta douceur et prie pour ton aigreur.
Ton peuple qui hausse sa voix et lance un cri pour ne pas étouffer, pour ne plus pleurer.
Ton peuple qui recherche une lueur d’espoir pour annihiler la faute de ton passé qui balaye leur présent.
Quand ton amour se désenchante et ton âme pleure, je m’adresserai à toi, ma chère Beyrouth, pour réveiller en toi ton paradis à jamais perdu, pour rappeler à ton peuple que tu existes encore, que tu existes toujours.
Je m’adresse à toi, ma chère Beyrouth, car je refuse ce temporaire si avare et qui s’éternise, je refuse cette peste de malheur collectif. Beyrouth notre mère lève-toi et réclame ton existence, ramène-nous chez toi, ramène-nous là ou rien n’est plus important que de vivre.
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