Le Premier ministre a tenu hier une réunion avec les ambassadeurs des pays qui composent le Groupe de soutien international au Liban. Photo Dalati et Nohra
Le Groupe international de soutien au Liban composé de la France, l’Allemagne, l’Italie, la Russie, le Royaume-Uni, les États-Unis, la Chine, l’Union européenne, les Nations unies et la Ligue arabe a exprimé son soutien aux réformes annoncées lundi par le chef du gouvernement Saad Hariri, au terme d’une réunion tenue avec lui au Sérail. Il a aussi mis en garde contre « un discours et des actes de nature à attiser les tensions ».
Une dynamique diplomatique s’est déclenchée hier en direction du Sérail où le Premier ministre s’est entretenu tour à tour avec les ambassadeurs de France Bruno Foucher, de Russie Alexander Zasypkine et du Koweït Abdel al-Konahi. Le président du Conseil du développement et de la reconstruction, Nabil Jisr, a pris part à la réunion entre MM. Hariri et Konahi et s’est abstenu de toute déclaration à la presse, affirmant que « l’heure est à l’action, non aux discours ».
Plus tard, ce sont les ambassadeurs des pays qui composent le Groupe international de soutien au Liban qui ont été reçus au Sérail pour des discussions avec le chef du gouvernement autour du document de réformes adopté en Conseil des ministres lundi et des démarches qui vont suivre, notamment au plan politique, pour résorber la colère populaire.
Les ambassadeurs ont « exprimé leur soutien aux objectifs de réformes (...) qui correspondent aux aspirations du peuple libanais », a déclaré le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU au Liban, Jan Kubis, à l’issue de cette réunion, saluant « l’expression démocratique du peuple libanais qui demande des réformes structurelles et des changements économiques responsables et possibles ». « Il faut véritablement réduire la corruption et le gaspillage, s’éloigner du communautarisme et assurer une bonne gouvernance pour obtenir une croissance durable », a poursuivi M. Kubis, soulignant que M. Hariri a affirmé que le gouvernement et les forces de l’ordre continueraient à assurer la protection des manifestants. « Le groupe de soutien exhorte les responsables et les formations politiques à entendre les revendications légitimes, à travailler sur des solutions et à les mettre en œuvre, à éviter les discours et les actes qui peuvent attiser les tensions et inciter aux confrontations et à la violence », dans ce qui peut être interprété comme une allusion au dernier discours du chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, qui avait indiqué samedi que sa formation « peut investir à son tour la rue », mais que si « elle s’en est abstenue, c’est pour barrer la voie à une exploitation politique au détriment de l’Iran qui serait accusé d’ingérence dans les affaires libanaises ».


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