Une route bloquée par les manifestants, au niveau de Zouk Mosbeh, hier. AFP / JOSEPH EID
Plusieurs appels ont été lancés hier pour demander aux manifestants, rassemblés pour la cinquième journée consécutive à travers tout le Liban, de laisser passer les professionnels de santé se rendant dans les hôpitaux, centres de premiers soins et dispensaires. Des appels jugés inutiles par des porte-parole des manifestants, qui ont affirmé que les ambulances et les véhicules militaires circulent librement sur tous les axes routiers, depuis le début du mouvement de protestation.
Le ministère de la Santé a appelé « toutes les forces de l’ordre, armées et populaires, à faciliter la circulation des malades se rendant aux centres de traitement dans les différentes régions du Liban, et notamment au centre de la région de la Quarantaine » (dans le nord de Beyrouth). « Nous appelons les manifestants à faire attention à ne pas mettre en péril la vie des citoyens », ajoute le communiqué du ministère, qui appelle toute personne exigeant des explications ou souhaitant présenter une plainte à appeler la ligne verte 1214.
Un appel similaire avait été lancé plus tôt dans la journée par l’ordre des infirmiers et infirmières du Liban qui avait mis en garde contre « les conséquences sur la situation du pays en matière de santé » en cas de problème de circulation des professionnels de la santé.
Le syndicat des hôpitaux libanais avait, lui, appelé à l’ouverture des barrages devant les véhicules de la société fournissant aux institutions sanitaires des bonbonnes d’oxygène et de gaz servant aux anesthésies.Interrogé par L’OLJ sur le passage des ambulances, un des organisateurs de la manifestation à Zouk Mosbeh a affirmé : « Nous avons, depuis le début des manifestations jeudi soir, gardé la voie ouverte aux ambulances et aux véhicules de l’armée. Toute personne devant suivre un traitement à l’hôpital est transportée par les ambulances de la Croix-Rouge libanaise. Et la CRL a confirmé cela aujourd’hui. Nous pensons qu’il s’agit de rumeurs en vue de décrédibiliser le mouvement populaire. »
Les journalistes aussi
Par ailleurs, dans deux communiqués distincts, le président de l’ordre des rédacteurs, Joseph Kossayfi, a invité les manifestants et les forces de l’ordre à laisser la presse faire son travail.
Tout en se solidarisant avec les manifestants, le président de l’ordre des rédacteurs les a appelés à ne pas entraver le travail des photographes, envoyés spéciaux et cameramen et à éviter de les molester ou de les invectiver en raison des colorations politiques des médias dans lesquels ils travaillent.
On précise en effet que des plaintes de plusieurs journalistes malmenés, insultés ou même menacés par les manifestants au Akkar, à Zouk, Aqaïbé et dans le secteur de Chevrolet (Hazmieh), sont parvenues à l’ordre des rédacteurs. M. Kossayfi a menacé de divulguer les identités des agresseurs, si ces agissements se répètent.


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