Liban

Avant la visite de Bassil en Syrie, Sergueï Lavrov attendu à Beyrouth

Décryptage
18/10/2019

Si le principe de la visite du ministre Gebran Bassil à Damas semble acquis, aucune date n’a encore été fixée. Selon des sources diplomatiques libanaises, le timing de cette visite devrait dépendre de celle que compte effectuer le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov au Liban dans les prochaines semaines, après la visite préparatoire de son adjoint Mikhaïl Bogdanov.

Au menu de tous ces déplacements, le dossier des réfugiés syriens au Liban qui devient de plus en plus pesant, surtout en cette période de crise financière et économique sans précédent.

Tout a commencé lors de la session ordinaire de l’Assemblée générale de l’ONU. Le chef de l’État Michel Aoun avait lancé à cette tribune une petite phrase peu banale, déclarant que les réfugiés syriens étaient en train de devenir les otages de marchandages, insinuant que le Liban était prêt à mener des négociations directes avec le pouvoir en Syrie pour assurer leur retour, sans plus attendre la solution politique qui risque de tarder. Le président de la République était arrivé à cette conclusion après avoir vainement essayé, depuis son accession à Baabda, de sensibiliser la communauté internationale au fait que la présence massive des déplacés syriens sur le territoire libanais est un poids que ce pays ne peut plus supporter.

Au début de son mandat, le chef de l’État avait choisi d’être patient et de miser sur la communauté internationale qui finance en partie la présence des réfugiés syriens au Liban. Mais au fil du temps et à mesure que les développements sur le terrain syrien évoluaient dans le sens d’une plus grande stabilité sur une partie de plus en plus importante du territoire syrien, Michel Aoun a commencé à modifier sa position, en pressant la communauté internationale de réagir sur ce sujet. Il avait ainsi choisi de soulever ce dossier avec tous ses interlocuteurs internationaux qu’il rencontrait au Liban ou à l’étranger. Mais il s’est toujours heurté à une réticence internationale, au prétexte que la situation ne s’est pas encore stabilisée en Syrie et qu’il faut que le retour des déplacés soit sûr, digne et volontaire.

Aujourd’hui, alors que le dernier épisode de la guerre de Syrie est en train de se jouer dans le nord-est du pays et que le Liban traverse une crise économique sans précédent, Michel Aoun estime que la situation est devenue intenable et qu’il faut à tout prix faire quelque chose pour sortir de l’impasse actuelle. Il a donc ouvertement évoqué à la tribune de l’Assemblée générale des Nations unies la possibilité d’ouvrir un dialogue direct avec le régime syrien pour entamer un processus de retour des déplacés chez eux. Il espérait ainsi sortir la communauté internationale de sa frilosité sur le sujet. Mais en dépit de quelques réactions de pure forme, il n’y a eu aucun changement dans l’attitude de cette dernière, ni dans le sens d’augmenter les aides accordées au Liban pour financer la présence des déplacés syriens sur son territoire ni dans le sens d’un encouragement à s’adresser directement à la Syrie.

Face à ce qui peut être considéré comme un manque d’intérêt à l’égard de la crise économique et financière que traverse le Liban, le chef de l’État a donc décidé de passer à l’acte. C’est dans ce sens que le ministre des Affaires étrangères Gebran Bassil a clairement évoqué la possibilité de se rendre en Syrie, dans son discours à l’occasion de la commémoration du 13 octobre 1990. De son côté, le ministre d’État pour les Affaires des réfugiés Saleh el-Gharib a préparé un plan pour le retour des déplacés qui devrait être soumis au Conseil des ministres dans les plus brefs délais.

Selon des sources proches du CPL, la visite de Gebran Bassil en Syrie est décidée, mais sa date n’est pas encore fixée et elle n’est pas aussi imminente que certains médias le prétendent. Le souci principal est de faire en sorte que cette visite soit une réussite et constitue un réel pas en avant dans le dossier du retour des déplacés en Syrie, ainsi que dans les relations libano-syriennes. Selon les sources précitées, le Premier ministre a été mis au courant de la volonté du ministre Bassil de se rendre en Syrie, à la tête d’une délégation qui pourrait comprendre d’autres ministres, comme celui des Affaires des réfugiés, le ministre de l’Agriculture Hassan Lakkis et le ministre des Déplacés Ghassan Atallah.

Saad Hariri qui est conscient de la gravité de la situation économique et financière ne s’y est pas opposé, si Bassil s’y rend en tant que chef du CPL, préférant toutefois attendre les résultats avant de se prononcer, faisant ainsi preuve de pragmatisme. Il est vrai aussi que les responsables libanais qui suivent de près les développements en Syrie ont rapidement compris que la décision américaine du président américain Donald Trump de retirer les soldats américains de Syrie laisse le champ libre aux Russes, qui ont désormais la haute main en Syrie en raison de leurs relations avec l’Iran, la Turquie et Israël. Selon des sources diplomatiques libanaises, ce n’est pas un hasard si le président turc se rendra la semaine prochaine en Russie pour une rencontre avec le président Poutine. Déjà, le dernier entretien téléphonique entre les deux hommes avait été axé sur trois points soulevés par les Russes : pour la Russie en effet, ne pas laisser Daech reprendre du poil de la bête en Syrie est une responsabilité turque, l’armée turque ne peut pas rester indéfiniment en Syrie et il faut que les dirigeants de ce pays comprennent que le président syrien restera au pouvoir. Ils doivent donc trouver le moyen de renouer avec lui.

C’est dans ce même esprit que le ministre russe des AE Sergueï Lavrov doit effectuer une visite au Liban, qui sera préparée par son adjoint Mikhaïl Bogdanov attendu à Beyrouth au cours des prochaines semaines.

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LA VERITE

Hatez vous car vous ne serez plus rien bientot, meme pas chef d'un partie qui se dissoudra de lui meme et dont certains membres iront vers l'autre gendre

Gros Gnon

Si ça se trouve il sera démissionnaire çe soir

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

IL VIENT COORDONNER AVEC LE GENDRE ET LUI DONNER DES DIRECTIVES SUR CE QU,IL DOIT FAIRE ET DIRE EN SYRIE.

Zovighian Michel

Avec Taèf le Liban est passé d'un régime présidentiel à un régime parlementaire. Les décisions exécutives sont prises au sein du gouvernement puis soumises au vote du parlement. Ceci veut dire que le Président ne décide pas et Bassil ne gère pas, et encore moins en sa fonction de chef du CPL. Le pays n'est pas leur mini-market privé "Abou Wadih". Arrêter donc de bafouer la constitution.

Si Bassil veut aller en Syrie, qu'il commence par expliquer au gouvernement son plan d'action et nous verrons bien si le plan a du mérite et pourrait réussir là où les Russes ont échoués. Le Gouvernement devrait ensuite définir les limites de son intervention et lui interdire de prendre des décisions ou faire des concessions. Nous avons des douzaines d'accords avec le régime Syrien établis entre 1981 et 2015 qui n'ont plus raison d'être et qu'il faudrait démanteler.

Encore faut-il pouvoir s'assurer qu'une fois à Damas, il ne va composer des arrangements "secrets".

ON DIT QUOI ?

Un article qui parle d'économie et de geostratégie en même temps .

Il serait idiot de ne parler que d'un aspect des problèmes qui nous concernent en ignorant le 2nd .

Le poids de 2.5 M de réfugiés syriens et autres sur une population de 4.5 M EST intenable économiquement, sur une superficie aussi réduite .

Erdog-ane a pété les plombs pour moins que ça, proportionnellement , il n'a pas 50% de sa population réfugiés et sur une surface aussi réduite que nous .

Geostrategiquement , le Liban ne peut plus compter sur ses alliés d'antan, et j'entends par là les occidentaux, pour le sortir du trou , la simple raison est qu'ils ont fait le mauvais choix du complot pour le compte des usurpateurs .

Le Liban nouveau , indépendant et FORT de ce lien qu'ils ont avec de nouveaux partenaires qui GAGNENT regionalement devrait se prendre en main et trouver ses propres solutions avec les moyens de bord .

LA guerre que nous fait l'usurpation et ses complices occidentaux est multiforme , le Général PHARE AOUN COMMANDANTE KHENERAL a raison de dire que le liban ne peut plus vivre de chimères à attendre ceux qui ont mené la région à ce stade de destruction , pour qu'on puisse compter sur eux à présent.

L'économie est hyper important , c'est indéniable , mais pas invoqué sous forme de pantalonnade.

Ni de soumission , encore moins de perte de sa DIGNITÉ D'HOMME .

Les vrais révolutions se sont faites avec du sang , des sueurs et des pleurs .

Chucri Abboud

Le plus tôt sera le mieux !
La situation actuelle ne permet plus de tergiverser , le plan russe de rapatriation de nos réfugiés syriens devrait commencer illico à être appliqué .
Inutile , messieurs les occidentaux , de nous conseiller encore une fois d'attendre que Bachar s'en aille pour que la Syrie récupère ses réfugiés ! Bachar ne s'en ira pas , et tout le monde le sait !
La rapatriation au plus vite !
Ça nous fera le plus grand bien au Liban .

C- F- Contributions et Interprétations

...""Le chef de l’État Michel Aoun avait lancé à cette tribune une petite phrase peu banale, déclarant que les réfugiés syriens étaient en train de devenir les otages de marchandages, ...""

Mais il a sans aucun doute entendu une réponse peu banale, que le Liban est un pays de réfugiés...

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