L’un des deux suspects du meurtre de Bassam Iskandar, détenu par la police. Photo ANI
C’était un citoyen ordinaire. Un bon père de famille de 62 ans. Il s’appelait Bassam Youssef Iskandar, habitait la région de Dbayé et travaillait comme chauffeur de taxi. Mais une main assassine l’a ravi à l’affection des siens. Pour des broutilles, quelque 120 000 livres libanaises, Bassam a été tué par un ressortissant syrien qui « le connaissait visiblement, et n’avait pour objectif que de le dévaliser », selon le rapport d’enquête des Forces de sécurité intérieure.
Un crime prémédité
Le drame remonte au week-end dernier. Samedi 12 octobre, comme chaque jour, Bassam Iskandar quitte le domicile familial à bord de sa BMW pour aller travailler. Le soir, l’homme ne rentre toutefois pas chez lui. Le lendemain, ses proches signalent sa disparition, inquiets de ne plus avoir de ses nouvelles. La voiture est retrouvée dans la journée du 14 octobre par les services de renseignements des FSI. Elle a été abandonnée dans la région de Rmeilé (Sud). Mais l’enquête finit par montrer que le chauffeur du véhicule s’est rendu à Nabatiyé. Elle révèle aussi l’identité des suspects « qui ont forcé le conducteur à les emmener dans la région ». Il s’agit de deux ressortissants syriens, l’un né en 1996, H.A., et l’autre, né en 2001, F.H., qui habitent dans la région de Raml el-Aali, sur la route de l’aéroport.
Mercredi 16 octobre, les FSI effectuent une descente au domicile des suspects et arrêtent l’un des deux complices, F.H. « Ce dernier avoue avoir tué Bassam Iskandar pour lui voler l’argent qui était en sa possession. » « Les suspects espéraient visiblement un butin nettement plus intéressant, révèle à L’Orient-Le Jour une source proche de l’enquête. Mais ils ont dû se contenter des 120 000 LL que le malheureux portait sur lui ce jour-là. » Après avoir assassiné M. Iskandar à coups de couteaux, ils ont enterré le corps de leur victime à Nabatiyé, avant d’abandonner sa voiture à Rmeilé.
Les enquêteurs ont alors organisé une reconstitution du crime avec la participation du prévenu. Ils ont retrouvé le corps sans vie, à proximité de l’orphelinat de Choukine, à Nabatiyé. Une ambulance l’a transporté à l’hôpital gouvernemental Nabih Berry de la région. Quant au complice du meurtre, il a quitté le territoire libanais immédiatement après le crime et est actuellement en fuite. Un avis de recherche a été publié à son encontre.
Condamnations et failles sécuritaires
Les condamnations n’ont pas tardé. D’abord de la part des Forces libanaises, parti politique auquel était affilié le malheureux Bassam Iskandar. Dans un communiqué, le parti dirigé par Samir Geagea s’est dit affligé du décès d’un de ses compagnons de Kfarfallous-Jezzine. Le parti a également dénoncé « les failles sur le plan sécuritaire qui ont récemment mené à une recrudescence des crimes sur l’ensemble du territoire libanais ». Dans ce cadre, et avant de présenter ses condoléances à la famille du défunt, les FL ont invité les services judiciaires concernés « à sévir contre les assassins afin d’en faire un exemple et de lutter contre le crime ».Une source proche des FL balaie également toute hypothèse relative à un lien entre l’affiliation politique de la victime et le crime. « Le seul mobile d’un tel crime est le vol et aujourd’hui, à l’heure où on s’enlise dans la crise économique, on tue pour de l’argent », assure cette source. D’où « la nécessité que les autorités décrètent l’état d’urgence sécuritaire », afin que de tels drames ne se reproduisent plus.Bassam Iskandar est la « victime de la négligence et du chaos », a pour sa part affirmé le député FL Eddy Abillama.
Même condamnation de la part du député CPL de Jezzine, Salim Khoury, qui s’est dit profondément désolé de la fin tragique de Bassam Iskandar, tout en posant « le problème de la présence des réfugiés syriens au Liban ».
La famille du malheureux a, elle, évoqué « un assassinat dans des circonstances floues », faisant état « d’un conflit entre mafias ». Elle a appelé les autorités à « établir la vérité et sanctionner les coupables ».


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09 h 27, le 18 octobre 2019