Un homme lisant la Une du premier numéro du quotidien « Nida’ el-Watan », le 1er juillet 2019. Photo d'archives AFP / Joseph Eid
Le tribunal des imprimés rendra son verdict le 21 novembre dans l'affaire du quotidien libanais Nida' el-Watan, après l'ouverture du procès jeudi.
Des poursuites avaient été engagées contre Nida' el-Watan après la publication d'une manchette qui titrait le 12 septembre : "Nouveaux ambassadeurs à Baabda : bienvenue dans la République de Khamenei", en référence au guide suprême iranien. Le dossier a été transféré au parquet d'appel de Beyrouth. Le quotidien faisait allusion à un discours du secrétaire général du Hezbollah Hassan Nasrallah à l’occasion de la commémoration de Achoura, dans lequel le leader chiite avait réaffirmé son allégeance au guide suprême iranien.
L'ancien député et ancien ministre Boutros Harb, qui représentait le journal devant la justice, a dénoncé devant les caméras, à sa sortie de l'audience, "une tentative de politiser" le procès, et a dit regretter que le procureur insiste à poursuivre les dirigeants du journal. "La liberté est un droit consacré par la Constitution auquel personne ne peut toucher. Malgré le face-à-face qui a eu lieu aujourd'hui avec le représentant du parquet général, nous avons entière confiance dans la justice", a affirmé Me Harb.
Avant le début de la séance, plusieurs dizaines de personnes, des ministres, des députés, des intellectuels, ou encore des activistes, ont tenu un sit-in devant le palais de Justice de Beyrouth, en solidarité avec le quotidien. "L'accusation est politique, et nous souhaitons que le tribunal assume ses responsabilités. Nous sommes optimistes", avait déclaré à la presse Béchara Charbel, le rédacteur en chef du quotidien.
La convocation des responsables de Nidaa el-Watan relance une fois de plus le débat sur la liberté d’expression et le harcèlement policier et judiciaire des journalistes. Ces dernières années, de nombreux journalistes, blogueurs et activistes ont été convoqués par le bureau de lutte contre la cybercriminalité pour des publications en ligne, au lieu de comparaître devant le tribunal des imprimés.
Hier, plusieurs personnalités politiques, proches du camp du 14 Mars et de la société civile, ont organisé une conférence de presse en défense de la liberté d'expression et de la presse et en guise de solidarité avec Nida' el Watan.


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