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Dernières Infos - Liban

Budget 2020 : réformes et austérité divisent des ministres avant le Conseil

Le Conseil des ministres réuni le 10 octobre 2019 sous la présidence de Saad Hariri (c). Photo Dalati et Nohra

Les questions des réformes économiques et de la politique d'austérité, notamment par le biais de la suppression de certaines organisations étatiques, divisaient jeudi plusieurs ministres qui se sont prononcés avant le début de la réunion du cabinet présidé par Saad Hariri.

"Je le répète : nous devons terminer l'examen de l'avant-projet du budget (de 2020), si ce n'est aujourd'hui, lors d'une prochaine et dernière séance", a affirmé le ministre des Finances, Ali Hassan Khalil.

"Nous avons presque terminé (l'examen) du plan de l'électricité et nous allons l'inclure dans le budget. Il y a un nombre d'associations publiques inutiles, et nous étudions leur suppression, ou leur intégration dans des ministères", a pour sa part déclaré le ministre de l'Information, Jamal Jarrah.

L'idée évoquée lors de précédents débats de la commission ministérielle pour les réformes visant à supprimer le Conseil des droits de l'Homme et une quarantaine d'autres organisations étatiques, dans le cadre des mesures d'austérité à mettre en œuvre, a provoqué des remous mercredi sur la scène politique.

"Les propos portant sur une réduction des dépenses à travers la suppression de deux commissions essentielles, l'une relative à la sécurité routière et l'autre aux droits de l'Homme, est une erreur magistrale. Si cela se fait, je m'y opposerai", a promis pour sa part la ministre de l'Intérieur, Raya el-Hassan.

"Nous ne soutiendrons pas un budget qui ne prévoit pas de réformes et des mesures immédiates, et cet avant-projet de budget est pire que le précédent", a de son côté déploré le ministre des Affaires sociales, Richard Kouyoumjian.

Le Conseil supérieur libanais des droits de l'Homme avait été créé en mai 2018, dix ans après la signature par le Liban du Protocole facultatif de la Convention des droits de l’homme de l'ONU du 22 décembre 2008 prévoyant la mise sur pied de cette institution. La création de ce Conseil répondait, ponctuellement, à une des exigences internationales exprimées lors de la conférence de Rome d’appui à l’armée libanaise, en mars 2018. Ce Conseil se scinde en deux : le Conseil des droits de l’Homme proprement dit (cinq membres) et le Conseil pour la prévention de la torture (cinq membres). Nommés pour six ans, les membres des deux conseils se consacrent à leur fonction à plein temps et jouissent d’une immunité. Aucun fonds n'était prévu pour cet organisme dans les budgets 2018 et 2019. 

Le budget 2020, qui est actuellement à l'étude par le gouvernement, est attendu aussi bien par les donateurs de la conférence de Paris (CEDRE) que par les agences de notation financière. L’objectif prioritaire des dirigeants libanais dans le budget 2020 est d’accélérer le processus de réformes afin de réduire le déficit. L’avant-projet du budget de 2020 table sur un déficit public de 4,37 milliards de dollars (6.590,1 milliards de livres libanaises), en prenant en considération les transferts du Trésor public à Électricité du Liban. La part du déficit par rapport au PIB serait alors de 7,38 %, en se basant sur une prévision de croissance de 1,2 % et une inflation à 2,8 %. Un ratio légèrement inférieur à celui prévu dans le budget de 2019 (voté le 19 juillet dernier) fixé à 7,59 %, mais qui devrait plutôt osciller entre 9 et 10 % pour l’année en cours, selon les principales agences de notation.

Les questions des réformes économiques et de la politique d'austérité, notamment par le biais de la suppression de certaines organisations étatiques, divisaient jeudi plusieurs ministres qui se sont prononcés avant le début de la réunion du cabinet présidé par Saad Hariri."Je le répète : nous devons terminer l'examen de l'avant-projet du budget (de 2020), si ce n'est aujourd'hui, lors d'une prochaine et dernière séance", a affirmé le ministre des Finances, Ali Hassan Khalil."Nous avons presque terminé (l'examen) du plan de l'électricité et nous allons l'inclure dans le budget. Il y a un nombre d'associations publiques inutiles, et nous étudions leur suppression, ou leur intégration dans des ministères", a pour sa part déclaré le ministre de l'Information, Jamal Jarrah.L'idée évoquée lors de précédents débats...