Il est de mauvaises habitudes dont il est très difficile de se départir quelquefois. Celle consistant à s’adresser aux responsables politiques en flattant leur ego avec des titres pompeux en est une, bien ancienne.
Quelles ne furent pas ma surprise et ma satisfaction il y a quelques jours, en lisant la nouvelle de l’abolition officielle définitive de tous les titres affublant les dirigeants politiques. Fini enfin, en théorie, les « fakhamet » les « dawlet », les « maali », les « saadet » et autres marques flagrantes d’obséquiosité dont abusent grandement des journalistes désireux de caresser l’interlocuteur politique dans le sens du poil.
Mais dans la pratique, les choses sont restées inchangées. Quel dommage !
On aurait cependant espéré que des chaînes de télévision prétendant la modernité et l’aspiration à un monde politique meilleur appliquent cette décision et abandonnent illico presto l’utilisation de titres d’un autre temps et les flagorneries d’un âge révolu.
Bien que cette nouvelle décision d’abolition des titres ne soit pas en elle-même cruciale pour l’avenir de la vie politique et de l’amélioration de la situation des Libanais, elle reste toutefois un passage obligé dans l’effort de modernisation du pays et de l’égalité entre citoyens.
Messieurs et Mesdames les journalistes, il vous revient une grande part dans l’image que donne notre pays au monde : arrêtez d’interpeller les politiques avec des dignités bananières faisant non seulement du tort à votre métier, mais à l’ensemble de la nation.
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