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Liban

Hariri à Riyad, le « soft come-back » de l’Arabie saoudite au Liban

Diplomatie

Le Premier ministre se serait entretenu avec Mohammad ben Salmane lors de son escale saoudienne.


Yara ABI AKL | OLJ
21/09/2019

Avant sa visite à Paris, hier, où il s’est entretenu avec le président Emmanuel Macron, le Premier ministre Saad Hariri a fait une escale en Arabie saoudite pour une courte visite. Ce n’est pas la première fois que M. Hariri se rend à Riyad depuis l’épisode de sa démission forcée le 4 novembre 2017. Sauf que cette fois-ci, le déplacement, qui a été présenté comme une visite privée, a pris une dimension politique claire. Selon une source proche des milieux politiques saoudiens, le Premier ministre se serait entretenu lors de son bref passage au royaume avec le prince héritier saoudien, Mohammad ben Salmane.

S’exprimant à l’issue de son entretien avec Emmanuel Macron, hier à Paris, Saad Hariri a d’ailleurs annoncé qu’un haut comité libano-saoudien se réunirait le mois prochain. « C’est la première fois qu’un comité libano-saoudien de haut niveau est créé pour signer des accords bilatéraux. Et nous avons 19 accords à signer », a-t-il précisé. Et de poursuivre : « Nous discuterons également de la manière dont l’Arabie peut nous aider à redresser notre situation financière. » Mercredi, le ministre saoudien des Finances, Mohammad Jadaane, avait indiqué, dans un entretien accordé à Reuters, que Riyad était en pourparlers avec le gouvernement libanais pour lui « apporter un soutien financier ». « Nous allons placer notre argent au Liban, et nous poursuivrons notre soutien au pays et travaillerons avec son gouvernement », avait notamment déclaré le haut responsable saoudien. M. Hariri a en outre été officiellement invité à la troisième édition de la Future Investment Initiative, organisée par le Fonds d’investissement public saoudien et qui se tiendra du 29 au 31 octobre à Riyad.

Pour la source proche des milieux politiques saoudiens, le royaume wahhabite s’apprête à faire un « soft come-back » sur la scène libanaise. Une façon pour Riyad de répondre à ce qu’il perçoit comme « l’hégémonie iranienne sur le Liban », dont témoignent les propos du secrétaire général du Hezbollah Hassan Nasrallah tenus le 10 septembre.



(Lire aussi : Une aide saoudienne aura un impact positif mais pas suffisant, estime Goldman Sachs)



S’exprimant à l’occasion de la commémoration de la Achoura, le numéro un du parti chiite avait déclaré que sa formation ne resterait pas les bras croisés si l’Iran faisait face à une guerre. À cela s’ajoute l’attaque survenue, il y a une semaine, contre le géant pétrolier saoudien Aramco dont Téhéran est tenu pour responsable et dont le secrétaire général du Hezbollah s’est félicité hier.

« C’est surtout le mutisme libanais officiel face aux propos de Hassan Nasrallah et aux bombardements perpétrés contre Aramco qui suscite le mécontentement des Saoudiens », confie une autre source proche des milieux saoudiens qui a requis l’anonymat. « Dans ce contexte, les responsables saoudiens ont affirmé devant le Premier ministre leur volonté d’aider le Liban en sa qualité de pays arabe et de lui fournir une petite aide financière qui serait liée au processus de réformes exigé par la communauté internationale dans le cadre de la Conférence de Paris dite CEDRE (avril 2018). D’autant que ce processus fait l’objet d’un minutieux contrôle international », explique ce proche des milieux de Riyad. Et de poursuivre : « À la faveur de cette logique et dans une volonté manifeste de venir en aide aux Libanais, Riyad pourrait injecter d’importantes sommes dans l’économie libanaise par l’intermédiaire de la Banque centrale, du moins dans un premier temps. »

Et le proche de Riyad de préciser en conclusion que « cette ouverture en direction de Beyrouth ne change en rien l’opposition de l’Arabie saoudite au compromis politique élargi d’octobre 2016 » qui a permis l’accession à la présidence de Michel Aoun. « D’autant plus que le Liban n’a pas condamné les agressions contre Riyad de la part de l’Iran » , ajoute cette source. Des remarques dont pourrait être notifié le président de la République, Michel Aoun, par voie diplomatique, apprend-t-on de source informée. M. Hariri a pour sa part réitéré, depuis Paris, sa condamnation des attaques contre Aramco. Il s’est toutefois abstenu de critiquer les propos du chef du Hezbollah.



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Amère Ri(s)que et péril.

Oui c'est bien on le veut soft et very very very soft.

FAUT PAS qu'on le sente de trop près.

A part filer du fric y a rien d'autre à en tirer.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

L,ETAT EST INEXISTANT POUR CRITIQUER LES ATTAQUES DE L,IRAN CONTRE L,ARABIE. NI MEME POUR REPONDRE A CET AYATOLLAH QUI A FAIT DU SUD DU LIBAN, DONC DU LIBAN, PARTIE INTEGRALE DE L,IRAN. CHEZ NOUS L,ABRUTISSEMENT FRAPPE TOUTE L,ECHELLE DU PLUS HAUT AU PLUS BAS.

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