Sethrida Geagea reçue par Nabih Berry. Photo Hassan Ibrahim
Le juge des référés de Bécharré (Nord) Joe Khalil a publié hier une décision ordonnant l’arrêt des travaux entrepris pour construire un lac artificiel dans la plaine de Samara, au niveau de Kornet es-Saouda, à 2 700 mètres d’altitude. Une plainte avait été déposée par la municipalité de Bécharré contre le ministère de l’Agriculture – le Plan vert, et contre la municipalité de Bkaasefrine (Denniyé).
Rappelons qu’un différend avait éclaté la semaine dernière entre Bécharré et Denniyé autour des travaux de construction d’un lac artificiel par le Plan vert, à la demande de Denniyé et sans que Bécharré n’en soit notifié, bien qu’il tombe sur un terrain disputé par les deux localités. Malgré un arrêt des travaux stipulé par le mohafez du Liban-Nord Ramzi Nohra, le ministère de l’Agriculture a ordonné leur reprise, au grand dam de Bécharré. Le problème que pose ce projet n’est pas que territorial : il se situe à une altitude supérieure à ce qu’autorise la loi, qui est de 2 400 mètres.
Dans ce même contexte, les deux députés de Bécharré, Sethrida Geagea et Joseph Ishak, ont été reçus hier par le président du Parlement Nabih Berry (le ministre de l’Agriculture Hassan Lakkis fait partie de son groupe parlementaire). Mme Geagea a expliqué à l’issue de l’entretien qu’il existait initialement un projet de lac artificiel devant desservir les terrains agricoles de Denniyé, dans la région de Bkaasefrine, approuvé par le gouvernement et qui aurait dû être terminé en 2018. Elle a expliqué que les députés de Bécharré et de Denniyé, ainsi que les ministres des Forces libanaises, ont œuvré à assurer un budget à ce projet, qui était d’un million et demi de dollars. Le projet a, de toute évidence, accusé un retard significatif.
Les travaux entamés la semaine dernière, à un point qui se trouve 350 mètres plus haut, sur des terrains disputés par les deux cazas, « ont profondément surpris Bécharré », a ajouté Mme Geagea. La députée a rappelé « qu’il est interdit par la loi d’édifier de telles structures à plus de 2 400 mètres, sans une étude d’impact environnemental approuvée par le ministère de l’Environnement ». Elle a donc demandé à M. Berry d’intervenir auprès du ministre concerné, Hassan Lakkis, en vue de déplacer le chantier vers le lieu initial. Elle a également souhaité qu’une délimitation des frontières entre les deux cazas soit effectuée au plus tôt.


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