Le chef de la diplomatie libanaise lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue allemand hier. Photo ANI
Le ministre des Affaires étrangères, Gebran Bassil, s’est entretenu hier à Berlin avec le conseiller en politique étrangère de la chancelière allemande Angela Merkel, Jan Hecker, ainsi qu’avec son homologue allemand, Heiko Maas, dans le cadre d’une tournée officielle qui l’emmènera également au Royaume-Uni et aux États-Unis.
Avec ses interlocuteurs allemands, M. Bassil a évoqué les relations bilatérales entre le Liban et l’Allemagne, ainsi que la récente montée de tensions entre le Hezbollah et Israël sur la zone frontalière. Durant ces entretiens, l’accent a été mis entre autres sur « la nécessité de respecter la résolution 1701 et de consolider la trêve ». M. Bassil devait d’ailleurs réaffimer l’attachement de Beyrouth à la 1701, durant la conférence de presse conjointe qu’il a tenue avec son homologue allemand. Il a notamment soutenu que le Liban « n’a pas agressé Israël qui est toujours l’agresseur » . « C’est ce qui s’est passé la dernière fois et c’est ce qui se passe toujours » , a-t-il ajouté.
Le 24 août, un drone supposé être israélien a été abattu dans la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, suivi d’un second appareil qui a explosé en vol. Cet incident a provoqué une escalade des tensions et des déclarations entre le parti chiite et l’État hébreu, et des échanges de tirs de roquettes limités à la frontière. Dans la foulée, le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a affirmé qu’il n’y aurait « aucune ligne rouge » pour défendre le Liban en cas d’attaque israélienne, tout en assurant que son mouvement respectait la 1701.M. Bassil a en outre affirmé « avoir eu écho de la volonté de plus de 80 % des réfugiés syriens de rentrer chez eux », soulignant que « les circonstances sont désormais propices » à un tel retour. « C’est pour cela que nous demandons à l’Allemagne de nous aider en faisant pression dans ce sens et de faire en sorte que les fonds d’aides soient désormais destinés à encourager ce retour », a fait savoir M. Bassil. « Nous avons refusé par le passé la naturalisation des réfugiés palestiniens, nous refusons aujourd’hui la naturalisation des Syriens », a conclu le chef de la diplomatie libanaise.
Il a par ailleurs annoncé que le Liban allait organiser avec l’aide de l’Allemagne fin octobre une conférence conjointe pour encourager les investissements allemands au Liban.Avec Jan Hecker, le chef de la diplomatie a évoqué l’initiative du président français Emmanuel Macron pour réduire les tensions dans la région, notamment à la lumière de l’attaque de drones contre des installations pétrolières en Arabie saoudite. Cette attaque a été revendiquée par les rebelles yéménites houthis, alliés de l’Iran, mais les États-Unis ont directement accusé Téhéran. De son côté, Riyad a affirmé que les armes utilisées dans les attaques étaient iraniennes.


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