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Moyen Orient et Monde

Netanyahu s’attire de vives critiques en promettant d’annexer la vallée du Jourdain

Israël

Le projet du Premier ministre a suscité une vague d’indignation dans le monde arabe et au-delà.


OLJ
12/09/2019

Benjamin Netanyahu sait qu’il lui sera difficile de triompher de nouveau lors des élections législatives du 17 septembre. Les sondages donnent son parti, le Likoud, au coude-à-coude avec celui de son principal rival, Benny Gantz (Parti Bleu-Blanc). Selon les sondages, le scrutin pourrait en outre permettre à celui qui l’a empêché il y a moins de six mois de former un nouveau gouvernement, Avigdor Lieberman, de doubler son score.

Alors que le Premier ministre israélien, qui a battu le record de longévité à ce poste, tente le tout pour le tout, essayant de séduire autant les laïcs attirés par Israël Beiteinou, le parti de M. Lieberman, que les ultraorthodoxes. C’est dans l’objectif à peine dissimulé d’attirer les voix des 400 000 colons israéliens que « Bibi » a promis mardi soir d’annexer la vallée du Jourdain, qui compte pour environ 30 % de la Cisjordanie, s’il venait à être élu. « Il y a un endroit où nous pouvons appliquer la souveraineté d’Israël directement après les élections », a-t-il déclaré, pointant avec sa baguette métallique la bande de terres fertiles située au nord de la Cisjordanie, où cohabitent, selon l’organisation israélienne B’Tselem, 10 000 Israéliens et 65 000 Palestiniens. Ces derniers mois, et avant même les élections d’avril, M. Netanyahu avait déjà promis l’annexion de colonies en Cisjordanie. Mais c’est la première fois, mardi, qu’il présentait un plan concret d’annexion. Il est peu dire que le Premier ministre n’a – pour l’instant en tout cas – pas réussi son coup. Les critiques ont fusé de toutes parts. Au sein de la casse politique israélienne, d’aucuns lui ont reproché son opportunisme mettant en avant le fait que, s’il l’avait voulu, il aurait pu annexer la vallée du Jourdain depuis bien longtemps. « Pourquoi parler d’annexion à une semaine des élections alors que le gouvernement peut décider de l’appliquer quand il veut et aujourd’hui même ? » a soutenu Betzalel Smotrich, actuel ministre des Transports et un des ténors de la liste électorale Yamina. M. « Netanyahu souhaite annexer des voix, pas la vallée du Jourdain (....). Il a été Premier ministre pendant 13 ans, pourquoi ne l’a-t-il pas déjà fait ? » a réagi pour sa part Yair Lapid, du parti centriste « Bleu-Blanc ». Le chef du Likoud est loin d’être le seul candidat à proposer l’annexion des colonies israéliennes de la vallée du Jourdain. Trois autres coalitions y sont favorables : la coalition d’extrême droite Yamina d’Ayalet Shaked, le parti séculier Israel Beiteinou d’Avigdor Lieberman et le parti centriste Bleu-Blanc de Benny Gantz et Yaïr Lapid.

Spirale négative

Benjamin Netanyahu, qui met sans cesse en avant sa proximité avec les grands de ce monde, compte sur le soutien de l’administration Trump pour entériner sa promesse. Le fameux « Plan de paix pour le Moyen-Orient » de Jared Kushner, le gendre du président américain, impliquerait l’annexion de la vallée du Jourdain. Or, quelques minutes après l’annonce de M. Netanyahu, Donald Trump a annoncé sur Twitter le limogeage de son conseiller à la Sécurité nationale John Bolton, considéré comme un allié d’Israël et un partisan de la ligne dure, comme M. Netanyahu, face à l’Iran. « Donald Trump a cessé de coopérer avec Netanyahu au moment le plus critique pour Netanyahu », a soutenu l’influent commentateur politique Ben Caspit dans les pages du journal Maariv.

La spirale négative ne s’est pas arrêtée là. Hier, les Israéliens se sont réveillés avec les images du Premier ministre forcé d’interrompre un meeting à Ashdod, ville située entre Tel-Aviv et la bande de Gaza, après des tirs de roquettes du Hamas considérés comme une réponse à la promesse de « Bibi ».

Un projet qui a suscité l’indignation dans le monde arabe et au-delà. Peu après l’annonce, une haute responsable palestinienne, Hanane Ashraoui, avait assuré à l’AFP que le projet du candidat Netanyahu ruinerait « toute chance de paix », n’hésitant pas à parler de « nettoyage ethnique ». La Jordanie, gardienne des lieux saints musulmans à Jérusalem-Est, a averti que cette décision « entraînerait toute la région dans la violence ». Qualifiant cet engagement de « dangereuse escalade », l’Arabie saoudite, qui se rapproche actuellement d’Israël, a demandé une « réunion d’urgence » des ministres des Affaires étrangères des 57 membres de l’Organisation de la coopération islamique (OCI). La Turquie a pour sa part évoqué une promesse « raciste ». L’Union européenne a rappelé qu’elle ne reconnaîtrait aucune modification des frontières d’avant 1967, tandis que Moscou a mis en garde contre un projet pouvant provoquer une « forte hausse des tensions ».

Sources : rédaction et agences

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