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Économie

Notation financière : semaine cruciale pour le Liban

Dette

Le rapport de Fitch est attendu en début de semaine, tandis que celui de S&P pourrait être publié vendredi.


P.H.B. | OLJ
19/08/2019

C’est en principe cette semaine que deux des trois principales agences de notation américaines, Fitch et Standard & Poor’s (S&P), vont mettre à jour leurs évaluations respectives de la dette souveraine libanaise. Le rapport de Fitch est attendu en début de semaine, a indiqué une source bancaire à L’Orient-Le Jour, tandis que celui de S&P pourrait être publié vendredi, comme l’avait annoncé en juillet le ministre des Finances Ali Hassan Khalil.

Cette nouvelle mise à jour est très attendue dans la mesure où la probabilité est forte que la note souveraine du Liban soit dégradée par ces deux agences. Le pays est actuellement noté « B- » avec perspective « négative » par chacune d’entre elles, tandis que la troisième, Moody’s, a abaissé en janvier la note du pays d’un cran, de « B3 » – « négative » à « Caa1 » – « stable »

Les indicateurs mesurant la santé financière du Liban ne plaident pas en sa faveur. Le pays traîne une dette publique de plus de 85 milliards de dollars, qu’il ne parvient pas à juguler (+3,4 % de hausse à fin juin) et qui pèse plus de 150 % de son PIB, tandis que sa balance des paiements a enregistré un déficit cumulé de 5,4 milliards de dollars sur la même période. Le déficit public a, lui, atteint 6,2 milliards en 2018 (plus de 11 % du PIB), explosant au passage le seuil initialement prévu dans le budget prévisionnel pour cet exercice (4,8 milliards de dollars).

Les réformes réclamées par les soutiens du Liban, présents lors de la Conférence de Paris en avril 2018, comme par les agences de notation ont, en outre, tardé à être concrètement lancées : le budget pour 2019 n’a été adopté qu’en juillet, soit avec plus de six mois de retard sur le calendrier prévu par la Constitution; le plan de réforme pour l’électricité n’en est qu’au premier stade ; d’autres chantiers comme la lutte contre la corruption, n’ont toujours pas enregistré de progrès significatifs.

Encore plus préoccupant, le Conseil des ministres, qui doit rapidement entamer la préparation du budget pour 2020, a été paralysé pendant plus d’un mois suite aux tensions liées à l’incident de Qabr Chmoun (caza de Aley) fin juin, au cours duquel deux partisans du ministre d’État pour les Affaires des réfugiés, Saleh Gharib, ont trouvé la mort.


(Lire aussi : Goldman Sachs refroidie par l’épisode de Qabr Chmoun)



Apaisement des tensions

Si le Premier ministre Saad Hariri a réaffirmé, à l’issue d’une réunion de réconciliation au palais présidentiel de Baabda le 9 août, les engagements de réforme pris par le Liban, l’épisode n’a pas été bien perçu par les investisseurs. Dans un rapport relayé la semaine dernière, la banque d’investissement américaine Goldman Sachs a jugé que ce climat « d’incertitude » pouvait « altérer la confiance » vis-à-vis des « perspectives économiques du pays à court terme » et « réduire la probabilité de succès de la dernière salve d’opérations financières lancées par la Banque du Liban afin de stimuler les flux de dépôts dans le secteur bancaire ».

Lors de sa visite aux États-Unis la semaine dernière, Saad Hariri a par ailleurs affirmé que des discussions étaient en cours avec l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis pour les convaincre d’investir dans les projets de développement d’infrastructures libanaises présentés par le Liban durant la conférence de Paris. « Nous allons leur présenter les projets (...) car ils souhaitent contribuer et investir. Nos relations sont de nouveau comme avant et pourraient même s’améliorer », a confié le Premier ministre à des journalistes, selon l’agence Reuters. De son côté, la Banque du Liban semble parée à toute éventualité. Dans un discours prononcé à l’Université Saint-Esprit de Kaslik (USEK) vendredi, Riad Salamé a assuré avoir pris les devants en menant des actions permettant de « protéger le secteur financier » face à la perspective d’une dégradation. « Les revenus générés par les opérations d’ingénierie financière (une opération d’échange de titres lancée avec plusieurs banques) en 2016 ont été capitalisés, pas distribués, conformément à une circulaire publiée par la BDL à cette époque. Cela a permis d’augmenter le ratio de solvabilité des banques à presque 16 %. » Reconnaissant qu’une dégradation par Fitch et Standard & Poor’s aura pour conséquence de rabaisser ce ratio à 12 %, les banques libanaises étant les principales détentrices avec la Banque centrale de la dette publique libanaise, le gouverneur a souligné que ce seuil restait supérieur à ceux fixés par le comité de Bâle. Ce dernier impose un ratio de fonds propres d’un minimum de 10,5 %.


Pour mémoire
Goldman Sachs s’interroge sur la pérennité du système financier libanais

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LA VERITE

LA NOTE SERA ABAISSEE ET ON NE POURRA PAS FAIRE GRANDE CHOSE

MAIS LE LIBAN A SURVECU A PLUS QUE CA

DE TOUTE FACON CESSONS DE PARLER DE 10 MILLIARDS CAR AU MOINS 20% IRONS DANS LA POCHE DE NOS DIRIGEANTS TOUS CONFONDUS ET LES 8 MILLIARDS RESTANT SERONT DISPENSES SUR 5 ANS OU PLUS DONC UNE MIETTE PAR RAPPORT A NOTRE ENDETTEMENT ET A NOTRE DEFICIT ANNUEL

POUR LES BANQUES QUAND ON PRETE A 15% ON DOIT S'ATTENDRE A NE PAS POUVOIR ETRE PAYE DONC DE TOUTE FACON QUELQUE SOIT LA NOTE , ELLES SONT PAS DANS DE BEAUX DREAPS

Amère Ri(s)que et péril.

Pouett pouett cacahouète.

Liberté de Penser

Mais pourquoi s’inquiéter, la night life à Beyrouth se porte très bien et c’est paraît it une des meilleures au monde. Tout le reste n’a aucune importance ....

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

NOUS ATTENDONS AVEC ANXIETE CES NOTATIONS QUE NOUS ESPERONS INCHANGEES SINON MEILLEURES.

Menassa Antoine

Rien Qu à lire et tenter de trouver des synonymes au titre de l article ci dessus, le patient tient absolument à vivre ses obsèques,s enterrer et se dicter les causes du décès sur sa pierre tombale , tout cela bien avant d avoir obtenu cette semaine les résultats de son diagnostic par ses médecins traitant ... Balivernes.. Cette semaine n aura rien de Capital ,ni de décisif pour un pays qui a vécu par le passé des cataclysmes frolant sa destruction totale et qui s en est toujours sorti ...Avant de semer toute panique et Sinistrose dans les esprits,il serait bon d attendre pour savoir si le BOBO est passé en phase 2, dans ce cas il y aura toujours l espoir d augmenter les doses chimiotherapiques pour aller de l avant assurant une guérison certaine ... Notons que nous avons localement et Internationalement les meilleurs Médecins du Monde ... Faisons leur confiance , L un d eux et pas des moindres vient d être nommé et récompensé mondialement,récemment pour la quatrième fois ... Let s wait and see ...

Wlek Sanferlou

Et si ces sociétés de notation, type S&P, etaient iraniennes? Le liban aurait alors, sûrement, une note d'au moins A+++ ou, plutôt, une quelconque lettre Farsi qui devance même le A...
Ouf, ça me soulage de voir l'axe du moumanaa nous garder sous les yeux bienveillants de ses héros type kim-il-song V 0.3

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