Le Conseil des ministres, réuni le 25 avril au palais de Baabda sous la présidence du chef de l'Etat, Michel Aoun. Photo d'archives Dalati et Nohra
Le gouvernement du Premier ministre libanais Saad Hariri, qui était paralysé depuis le 30 juin par les affrontements inter-druzes de Qabr Chmoun dans le caza de Aley, était réuni samedi pour la première fois en Conseil des ministres au palais présidentiel de Baabda, au lendemain de la réconciliation entre les leader druzes Walid Joumblatt et Talal Arslane qui a mis fin à cette crise politique.
Avant le début du Conseil, M. Hariri s'est entretenu en aparté avec le président Aoun.
Le ministre d'Etat pour les Affaires des réfugiés, Saleh Gharib, dont deux personnes qui se trouvaient dans son convoi avaient été tuées le 30 juin lors des affrontements, n'a pas répondu aux journalistes qui l'interrogeaient à son arrivée sur une possible poignée de main entre lui et les ministres de l'Education et de l'Industrie, Akram Chehayeb et Waël Bou Faour, tous deux membres du Parti socialiste progressiste de Walid Joumblatt. M. Chehayeb s'est contenté pour sa part de dire aux journalistes : "Bonjour".
"Félicitations pour la réconciliation qui profite à tout le monde", a dit le ministre de la Jeunesse et des Sports, Mohammad Fneich (Hezbollah), à son arrivée à Baabda.
"Entre le mariage de mon fils, et les noces du pays, j'ai préféré célébrer les noces du pays", a pour sa part dit le ministre des Travaux publics et des Transports, Youssef Fenianos, dont le fils se marie aujourd'hui.
Au terme de la réunion de "réconciliation" qui s'est tenue hier après-midi au palais de Baabda sous la houlette du chef de l'Etat, Michel Aoun, de M. Hariri, et du président du Parlement, Nabih Berry, le chef du gouvernement avait annoncé que son cabinet allait se réunir aujourd'hui en Conseil des ministres, au moment où la communauté internationale s'alarmait de la paralysie des institutions, dans un contexte économique morose et des réformes qui se font toujours attendre après l'adoption du budget de l'année en cours avec six mois de retard. "La réconciliation a été scellée et à partir d'aujourd'hui, nous ouvrons une nouvelle page de coopération pour l'intérêt du Liban et des Libanais", avait déclaré hier M. Hariri dans une courte allocution à l'issue d'une "réunion franche et de réconciliation". "Les participants à cette réunion ont condamné les regrettables incidents de Qabr Chmoun, dont le dossier se trouve désormais aux mains de la justice militaire qui enquête sur leurs circonstances. A l'issue de cette enquête, le gouvernement prendra alors une décision", avait fait savoir le Premier ministre. Le gouvernement ne s'était plus réuni depuis les incidents de la Montagne, notamment en raison des divergences sur la saisine ou non de la Cour de justice pour juger ces affrontements.
Le 30 juin, des échanges de tirs avaient eu lieu entre partisans de Walid Joumblatt et de son rival, le chef du Parti démocratique libanais Talal Arslane (allié au Hezbollah), au moment du passage du convoi du ministre d’État pour les Affaires des réfugiés Saleh Gharib (membre du PDL). Parallèlement, le ministre des Affaires étrangères Gebran Bassil effectuait une visite dans le caza de Aley, où il avait notamment tenu des propos controversés sur la guerre druzo-chrétienne de la Montagne dans les années 80. Deux partisans du parti de M. Arslane ont été tués lors de ces affrontements. La semaine dernière, les Forces de sécurité intérieure avaient clôturé leur enquête et remis leur rapport au chef de l’État, au président de la Chambre et au Premier ministre. Cette enquête écartait la piste d'une embuscade tendue en vue d'assassiner le ministre Saleh Gharib par des partisans joumblattistes, comme le prétendaient M. Arslane et ses alliés. Mais l'affaire est encore entre les mains de la Justice militaire, au moment où M. Arslane et ses alliés réclament qu'elle soit transférée à la Cour de justice, une instance d'exception. Cette demande a été catégoriquement rejetée par M. Joumblatt, le Premier ministre, ainsi que le président Berry.
Saad Hariri, qui se trouvait depuis la fin de la semaine dernière à l'étranger dans le cadre d'un déplacement familial, était rentré mercredi soir à Beyrouth et prévoit de se rendre dans les prochaines heures à Washington. Dans la capitale américaine, le Premier ministre doit s’entretenir avec le secrétaire d’État, Mike Pompeo, et d’autres responsables américains.


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