Le ministre de l’Éducation, Akram Chehayeb, le DG du ministère, Fadi Yarak, et les représentants de la communauté internationale, lors du lancement du programme d’éducation alternative et informelle. Photo ANI
Le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Akram Chehayeb, a estimé hier que « la crise syrienne allait durer plus longtemps que prévu ». Dans un nouvel appel aux pays donateurs, aux agences onusiennes et aux organisations internationales, il a invité ces parties « à soutenir le nouveau programme du ministère de l’Éducation » destiné aux enfants syriens privés d’enseignement, ainsi qu’aux petits Libanais en situation de décrochage scolaire, « afin d’englober un nombre plus important d’enfants en bas âge dans l’éducation scolaire ». Un programme qu’il a lancé hier, au ministère, en coopération avec le directeur régional de l’Unesco, Hamed al-Hammami, et en présence du directeur général de l’enseignement, Fadi Yarak. Le programme a pour thème l’apprentissage alternatif, informel et accéléré. « Nous réitérons notre appel aux pays donateurs, aux agences et organisations internationales, afin qu’ils soutiennent ce programme à long terme, d’autant que la crise syrienne prendra plus de temps que prévu », a-t-il dit pour l’occasion.
M. Chehayeb n’a pas manqué, dans son allocution, de tirer à boulets rouges sur le régime syrien, dénonçant « son usage de la répression ». « Le document stratégique que nous lançons aujourd’hui n’aurait pas eu de raison sans les déplacements de population, a-t-il souligné. Et ces déplacements n’auraient pas eu lieu si le régime syrien n’avait pas versé dans la violence, dans le meurtre, dans la répression. » Le ministre joumblattiste a par le même fait dénoncé « la politique du changement démographique » pratiquée en Syrie par le régime de Bachar el-Assad. « Le plus grave est cette politique de changement démographique qui a privé les enfants d’école et de leur droit à l’éducation », a-t-il poursuivi.
C’est dans ce cadre que le ministre de l’Éducation a affirmé que le Liban tente d’assurer à ces jeunes réfugiés une vie meilleure et un tant soit peu de stabilité sociale. « Et ce pour éloigner le spectre de la double injustice qui les touche. » Akram Chehayeb a estimé que les déplacements de population risquent d’entraîner les réfugiés vers la violence ou le terrorisme, ou de les faire dévier de leur parcours normal. « Certains pourraient chercher à s’exiler constamment et désirer repartir vers d’autres pays, s’ils en ont la possibilité, si leurs enfants n’ont pas eu la chance d’être intégrés dans une institution éducative ou qu’ils se retrouvent à la rue », a-t-il déclaré, dans un message clair à la communauté internationale, appelée à assurer le financement adéquat sur ce plan.
Évoquant enfin le retour des réfugiés syriens, M. Chehayeb a salué la responsabilité partagée du Liban et de la communauté internationale pour prendre en charge l’éducation d’un nombre plus élevé d’enfants syriens en âge d’aller à l’école. « Le pays scolarise dans ses écoles publiques 296 000 élèves syriens. Mais il reste environ 200 000 petits réfugiés qui n’ont toujours pas accès à l’éducation », a-t-il constaté. Et d’insister sur la nécessité « d’appliquer le nouveau programme stratégique jusqu’à ce qu’une solution politique soit adoptée en Syrie qui garantisse le retour sûr et volontaire des réfugiés syriens ». Il a surtout invité certaines parties à « s’éloigner des discours haineux et à privilégier la stabilité politique au Liban ». « Seule une politique respectueuse du rôle des institutions permettra au pays de faire face au poids de la présence réfugiée et de protéger le droit de chacun à l’éducation », a-t-il conclu.


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