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Liban

Déclarations de Bou Faour sur l'affaire Qabr Chmoun : des réactions en cascade

La conférence de presse du ministre de l’Industrie, Waël Bou Faour, dans laquelle il a violemment pris à partie le CPL et ses ministres, ainsi que le Conseil supérieur de la magistrature, a tout naturellement attiré des réactions en cascade. Le CPL de Gebran Bassil et le PDL de Talal Arslan ont tous deux annoncé qu’ils tiendront chacun une conférence de presse pour mettre les points sur les « i » :

Le CPL : « Une réponse au moment opportun »

Réuni hier sous la présidence de son chef, Gebran Bassil, le bloc parlementaire du CPL a affirmé à l’issue de sa réunion hebdomadaire « se fier à la justice, parce que nous respectons les institutions ».

« Les conférences de presse, les polémiques et les tiraillements ne changeront pas les données dont dispose la justice et le bloc est attaché à la justice et à la démocratie », a déclaré le député Ibrahim Kanaan qui a donné lecture du communiqué final. « Il s’agit d’une question de principe que nous rappelons à la veille de la commémoration du 7 août 2001, demain (aujourd’hui) à Dbayé, a-t-il ajouté, en allusion aux rafles menées par le régime policier libano-syrien dans les rangs des partis chrétiens. Ceux qui ont connu l’oppression, l’exil et la prison pendant la tutelle connaissent le sens de la liberté et nous ne pouvons agir contrairement à nos convictions », a encore déclaré M. Kanaan.

« La voie vers la justice passe par le pouvoir judiciaire et nous refusons toute ingérence dans l’action de celui-ci. Nous appelons le pouvoir judiciaire à ne pas se soucier des tiraillements politiques et à se concentrer sur son action pour que justice soit faite », a encore dit M. Kanaan, en annonçant qu’« au moment opportun, une réponse détaillée technique et juridique sera donnée (au PSP) pour éviter les méprises ». « En cette période, nous pratiquons la retenue, mais pas au point de cacher des vérités », a-t-il dit.

Le député a jugé nécessaire de tenir le gouvernement à l’écart du conflit politique en cours, avant de mettre l’accent sur l’impact négatif de la paralysie de l’exécutif sur le pays, aux plans économique, financier et social. « Notre but, a poursuivi M. Kanaan, est de dissocier la crise des affaires publiques. La feuille de route pour cela est claire. Il ne faut pas bloquer le gouvernement puis la justice, à travers des campagnes préventives. Il reste qu’une question se pose : que craignent-ils ? »

Parallèlement, le ministre d’État pour les Affaires de la présidence, Salim Jreissati, pressé de questions par la presse, s’est contenté d’indiquer que l’affaire est aux mains de la justice « à laquelle nous nous fions qu’il s’agisse de la Cour de justice, du tribunal militaire ou d’une cour pénale ».

Le PDL : « Une réalité déformée »

Dans un communiqué de presse, le Parti démocratique libanais (PDL de Talal Arslane) a accusé le PSP de déformer la réalité.

« Ce que nous avons entendu aujourd’hui (hier) de la part d’un ministre prouve que nous sommes face à un camp qui (...) reproche à ses adversaires ses propres défauts et accuse autrui de ses propres actes (...), un camp qui provoque, tue, fait du chantage, et se présente comme victime », a accusé le PDL.

« Nous ne sommes pas concernés par tout ce qui a été dit, qui a pour objectif de déformer la réalité et de vider l’enquête de son contenu, et qui est une piètre tentative d’exercer une pression sur les juges et de diviser l’opinion publique. Nous ne ferons pas de compromis aux dépens du sang de nos martyrs et blessés », a ajouté le PDL en annonçant qu’il tiendra une conférence de presse dans les prochains jours pour « mettre les points sur les “i” ».

Le CSM : « Une intervention illégitime dans l’affaire de la magistrature »

Le Conseil supérieur de la magistrature a démenti, dans un communiqué, les accusations adressées par Waël Bou Faour contre son président, Jean Fahd, tout en reconnaissant avoir discuté de l’affaire de Qabr Chmoun durant sa dernière réunion. « Discuter des dossiers soumis à la justice fait partie des prérogatives du CSM (…) qui dément cependant les propos tenus par le ministre mais qui ne peut pas s’étendre sur les éléments de réponse, pour préserver le secret des délibérations », souligne le communiqué qui dément également ce que M. Bou Faour avait indiqué au sujet des échanges entre le ministre de la Justice, le président du CSM et le premier juge d’instruction près le tribunal militaire sur cette même affaire.

Il précise que « le président du CSM peut, conformément à la loi, être sollicité pour une discussion autour de certaines questions urgentes importantes qui peuvent entraver le cours d’une procédure judiciaire ». « Ceci ne peut pas être considéré comme un dépassement des prérogatives ou une immixtion dans cette procédure », selon le texte.

Le « contenu de certains paragraphes de la conférence de presse du ministre est considéré comme une intervention illégitime dans l’action de la justice », avertit le CSM qui indique ensuite que « la magistrature est déterminée à mener à terme sa mission pour faire appliquer la loi, loin de tout parasitage et de toute tentative de pression ».

Serhane : « Gare à une destruction de la justice »

Le bureau de presse du ministre de la Justice, Albert Serhane, a mis en garde, dans un communiqué, contre « les campagnes de diffamation et de destruction ciblant la justice qui reste le dernier recours pour les citoyens, dans la mesure où elle représente le principal pilier du processus d’édification de l’État de droit ».

« S’obstiner à porter atteinte à la crédibilité de la magistrature pousse l’État vers l’abîme. Personne ne sera à l’abri des conséquences d’un effondrement de l’État », a-t-il averti, avant d’appeler les responsables et les Libanais à « écouter leur conscience » et la magistrature à « poursuivre sa mission en toute objectivité ».

L’alinéa 80

Par ailleurs, lors de sa conférence presse, Ibrahim Kanaan a indiqué que son bloc présentera une proposition de loi pour amender l’alinéa de l’article 80 du budget notamment en ce qui concerne l’ingérence dans les prérogatives de la présidence de la République et du gouvernement. Le président de la République avait dans un premier temps refusé de signer le budget de 2019 tel qu’adopté par le Parlement, en raison de l’alinéa controversé de l’article 80 de la loi des finances et qui édicte que les lauréats (en grande majorité musulmans) du concours aux postes de 2e et 3e catégories de la fonction publique, qui n’ont pas encore été intégrés dans les rangs des fonctionnaires, soient exemptés de la loi figurant dans le même article et imposant un gel des recrutements dans l’administration.

La conférence de presse du ministre de l’Industrie, Waël Bou Faour, dans laquelle il a violemment pris à partie le CPL et ses ministres, ainsi que le Conseil supérieur de la magistrature, a tout naturellement attiré des réactions en cascade. Le CPL de Gebran Bassil et le PDL de Talal Arslan ont tous deux annoncé qu’ils tiendront chacun une conférence de presse pour mettre les points sur les « i » : Le CPL : « Une réponse au moment opportun »Réuni hier sous la présidence de son chef, Gebran Bassil, le bloc parlementaire du CPL a affirmé à l’issue de sa réunion hebdomadaire « se fier à la justice, parce que nous respectons les institutions ».« Les conférences de presse, les polémiques et les tiraillements ne changeront pas les données dont dispose la justice et le...
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