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Liban - Conférence De Presse

Qabr Chmoun : Bou Faour démonte la thèse du crime prémédité

Bou Faour et l’avocat du PSP reviennent sur les faits et affirment que les tirs étaient en réaction aux provocations des gardes du corps de M. Gharib.

Lors d’une conférence de presse au siège du PSP à Beyrouth, le ministre de l’Industrie Waël Bou Faour ainsi que l’avocat du Parti socialiste progressiste, Nach’at Hassaniyé, ont démonté à tour de rôle la thèse de « l’embuscade » dans les incidents de Qabr Chmoun, soutenue par le chef du Parti démocrate libanais, Talal Arslane, puis par le chef de l’État, Michel Aoun, qui aurait évoqué, lundi, un guet-apens tendu à son gendre, Gebran Bassil.

Revenant sur les faits, M. Bou Faour et Hassaniyé, qui ont cité à plusieurs reprises les conclusions de l’enquête préliminaire effectuée par le service des renseignements des Forces de sécurité intérieure, ont rejeté la qualification de « crime prémédité » en affirmant que les accrochages qui ont eu lieu entre les gardes du corps du ministre d’État pour les Affaires des réfugiés, Saleh Gharib, et les partisans du PSP n’étaient rien de plus qu’une « réaction aux provocations » des éléments armés qui accompagnaient M. Gharib. Selon eux, ces réactions étaient principalement dues au mécontentement suscité par la visite annoncée dans la Montagne du chef du CPL, Gebran Bassil, qui avait tenu précédemment des propos attisant les sentiments confessionnels.

La semaine dernière, les FSI avaient terminé leur enquête, dont elles avaient remis un rapport au président Aoun, au président de la Chambre, Nabih Berry, et au Premier ministre, Saad Hariri. Cette enquête écartait la piste d’un piège tendu pour assassiner le ministre Saleh Gharib (membre du PDL) par des partisans joumblattistes, comme cela est prétendu par M. Arslane et ses alliés.

Revenant sur la teneur du rapport des FSI, M. Bou Faour a affirmé que « l’enquête a montré qu’il n’y avait pas d’embuscade armée ni de tentative d’assassinat contre qui que ce soit ». Il a ajouté que « les accusations portées contre nous sont totalement contraires aux résultats de l’enquête ».

M. Bou Faour a également relevé les contradictions dans les accusations du camp adverse, qui a affirmé tour à tour que le PSP voulait assassiner Saleh Gharib puis Gebran Bassil.

Des informations de presse attribuées dimanche à des « visiteurs de Baabda » indiquaient que le chef de l’État aurait déclaré que l’embuscade tendue à Qabr Chmoun visait Gebran Bassil et non Saleh Gharib.

« Nous demandons à M. Bassil de retirer toutes les accusations portées contre nous, ainsi qu’au PDL, qui nous accuse d’avoir tenté d’assassiner M. Gharib, de se ranger derrière son allié, car M. Gharib n’est plus le sujet », a affirmé M. Bou Faour, appelant à la tenue d’un Conseil des ministres, « sans que soit évoquée l’embuscade de la saisine de la Cour de justice », comme le réclame le PDL.

L’avocat du PSP a détaillé, pour sa part, certains épisodes de l’incident, insistant sur le fait que l’enquête effectuée par les FSI « n’a pas retenu la thèse de l’embuscade qui a une définition et des critères bien précis ». Or, a-t-il poursuivi, l’enquête a prouvé que les éléments constitutifs d’un crime prémédité « n’étaient pas présents » dans cette affaire, se référant au passage à un avis exprimé par le député aouniste et ancien général de l’armée, Chamel Roukoz, qui a également réfuté cette thèse.

Pour étayer ses propos, M. Hassaniyé a cherché à démontrer que les accrochages étaient spontanés. « Si le convoi ne s’était pas arrêté à un moment donné pour tirer en l’air de manière soutenue, l’incident n’aurait pas eu lieu », a-t-il dit.

Tablant une fois de plus sur les conclusions de l’enquête des FSI, qui rejoignent, comme l’a relevé M. Bou Faour, celles des services de renseignements de l’armée, l’avocat a souligné que le rapport des FSI a mis en exergue « la responsabilité du convoi du ministre Gharib qui a fait preuve de provocations en recourant à des tirs nourris qui ont terrorisé les citoyens sachant que la route n’était pas bloquée et que les gens sur place ne portaient pas d’armes à ce moment-là ». Ce n’est que par la suite, a-t-il dit, que les hommes du PSP, qui se sont sentis nargués, ont apporté leurs armes.

L’avocat a également indiqué que l’enquête des FSI a révélé que l’une des personnes relevant du PSP se trouvait tout près du véhicule de M. Gharib et que « s’il voulait effectivement le tuer il aurait pu le faire facilement ». L’enquête a également démontré que l’impact des balles constaté sur le véhicule du ministre « était la résultante de tirs qui étaient orientés vers le sol, et non pas de tirs directs ». Il a enfin démenti la version de M. Gharib selon laquelle le pare-brise arrière de sa voiture a été transpercé de balles, affirmant que les vidéos disponibles montrent que le pare-brise est resté intact au moment des accrochages. « Le pare-brise a été fracassé après son retour de Kfarmatta, une mise en scène orchestrée de toutes pièces », a-t-il dit.

Évoquant les enregistrements de messages téléphoniques effectués par les partisans du PSP et interceptés par les enquêteurs, il a estimé qu’ils « n’ont aucune valeur juridique ». Dans ces messages, les partisans du PSP font allusion à des « caisses de tomates qu’il faut acheminer sur les lieux », des propos interprétés dans les milieux de Baabda comme étant « un code chiffré pour signifier les munitions ».

Lors d’une conférence de presse au siège du PSP à Beyrouth, le ministre de l’Industrie Waël Bou Faour ainsi que l’avocat du Parti socialiste progressiste, Nach’at Hassaniyé, ont démonté à tour de rôle la thèse de « l’embuscade » dans les incidents de Qabr Chmoun, soutenue par le chef du Parti démocrate libanais, Talal Arslane, puis par le chef de l’État, Michel Aoun, qui aurait évoqué, lundi, un guet-apens tendu à son gendre, Gebran Bassil. Revenant sur les faits, M. Bou Faour et Hassaniyé, qui ont cité à plusieurs reprises les conclusions de l’enquête préliminaire effectuée par le service des renseignements des Forces de sécurité intérieure, ont rejeté la qualification de « crime prémédité » en affirmant que les accrochages qui ont eu lieu entre les gardes du corps du...
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