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Lifestyle - Quelqu’un m’a dit

Entre Baalbeck et Beiteddine, les appétits ont été quasi comblés cet été

Soirée de détente pour Jahida Wehbé et Nayla de Freige.

CÔTÉ BAALBECK

Lil Mama et Mr. Johnson

En plus des places assises, un concert standing a eu lieu à Baalbeck, le second après celui de Mashrou3 Leila en 2012. Un millier de fans s’étaient massés devant les marches du temple de Bacchus pour applaudir Jain, la chanteuse pop de Makeba, et de Zanaka, « Album révélation » aux Victoires de la musique, qui, en juin dernier, avait donné un grand show au Parc des Princes pour le coup d’envoi du Mondial de football féminin 2019. Jain a électrisé son public libanais : enfants, adolescents et jeunes sautillaient comme des fous ; parents et grands-parents se sont lâchés, se balançant avec une belle énergie. Puis, toute émue, la petite Milana de Freige est montée sur scène pour offrir un bouquet de fleurs à l’artiste.

L’Égypte autrefois…

Lors du concert hommage à Abdel Halim Hafez donné par le chanteur palestinien Mohammad Assaf, surnommé as-Saroukh (la fusée) par Ragheb Alamé et lauréat de la deuxième saison d’Arab Idol diffusé sur MBC, les projections de films égyptiens ont permis une immersion dans Le Caire des années soixante, une incroyable métropole moderne, multiculturelle, centre d’un bouillonnement musical et artistique.

En feuilletant les archives du Festival de Baalbeck, Jain aussi bien que Mohammad Assaf étaient impressionnés, voire paniqués de se produire dans un site qui a accueilli les plus grands artistes du monde de la musique et de la chanson. Mais cela leur a fait pousser des ailes pour donner le meilleur d’eux-mêmes !

Tel père, tel fils

Omar Bachir, fils du légendaire artiste de oud Mounir Bachir, n’a pas caché son émotion en recevant l’affiche du récital donné par son père au Théâtre de Beyrouth, en 1972, ainsi que le catalogue du festival édition 1974, année où il s’était produit à Baalbeck. Né d’une mère hongroise, Omar suit les traces de son père en développant son propre style, mêlant avec brio la musique traditionnelle arabe au style tzigane hongrois. Il s’est produit deux fois de suite dans le temple de Bacchus : vendredi en guest-star accompagnant Jahida Wehbé, et samedi avec ses musiciens pour la clôture du festival pour un concert qui a exploré toutes les facettes du oud, le fusionnant avec du rock, du flamenco et de la rumba gitane. En plus d’une heure et demie de prestation, ponctuée de vifs applaudissements, Omar Bachir a définitivement conquis le public libanais.

À la fin du spectacle, les corps libérés des tensions, les artistes, les techniciens, les jeunes de Baalbeck « bras locaux » du festival et les membres du comité ont pu apprécier une soirée détente improvisée sous les colonnes de Jupiter, où, spontanément, Jahida Wehbé a chanté, sa sœur et manager Jana dévoilé sa belle voix, les musiciens ont joué et d’autres ont dansé jusqu’à 2 heures du matin. Il régnait une superambiance.

CÔTÉ BEITEDDINE

Un fauteuil de pacha

Pas d’exigences abracadabrantes de la part des stars cette année. Pas de vedettes qui crachent leur dégoût parce qu’ils sont mal lunés. Ni des artistes qui envoient à la tête du room service leur téléphone parce qu’il n’a pas compris ce qu’ils voulaient. Bref, cette année pas de stars qui ne gagnent pas à être approchés. Ils étaient franchement cool. Même si le génial Gérard Depardieu a déployé tout son talent pour pester contre la compagnie d’Air France, dont les sièges en cabine business n’étaient pas dignes de sa stature ! Aussi, à la soirée inaugurale du Festival de Beiteddine où s’étaient produits Gabriel Yared et Yasmina Joumblatt, un fauteuil de pacha, large et solide, a été mis à sa disposition.

Le séjour de cette véritable icône de la scène française s’est déroulé à l’hôtel Mir Amine. Véritable amoureux de cuisine et de mets délicieux, il s’est régalé de tous les plats de mezzés libanais et il s’est si bien senti au Chouf qu’il est allé même faire un tour dans la réserve du Barouk accompagné de Nora Joumblatt et de son metteur en scène Jean-Paul Scarpitta, ex-directeur général de l’Opéra Orchestre national de Montpellier, où il a signé entre 1990 et 2017 de nombreux opéras (dramaturgies, décors, costumes, lumière), comme Les noces de Figaro, Don Giovanni et Cosi fan tutte de Mozart ; La traviata de Giuseppe Verdi, mais aussi Nabucco, à Tokyo et à l’Opéra de Rome, sous la direction de Riccardo Muti.

Après sa prestation-hommage à Barbara dans la petite cour du palais de Beiteddine, Gérard Depardieu a dîné sur la terrasse du Mir Amine avec le président de l’IMA Jack Lang, qui racontait sa première visite au Liban au début des années soixante. Venu présenter un spectacle théâtral, il a été descendu par le critique André Bercoff, rédacteur en chef culturel de L’Orient à l’époque. Mais la politique française n’a pas tardé à s’inviter à table, déclenchant une vive discussion entre le monstre sacré du cinéma, Monique Lang, Sid Rouis, directeur de l’Institut français à Deir el-Qamar, qui prendra prochainement ses fonctions à l’Élysée, et Philippe Castro, ancien secrétaire général du Conseil culturel de l’Union pour la Méditerranée, aujourd’hui chef de cabinet de Jack Lang.

Sandra et ses muses

Pour revenir au concert inaugural, Yasmina Joumblatt arborait deux magnifiques robes griffées Sandra Mansour. Il y a deux ans, l’hebdomadaire français Paris Match avait consacré deux pages aux toilettes créées par la styliste libanaise pour le mariage de celle qui est devenue l’épouse du prince Ernst August Jr de Hanovre. L’année dernière, pour le dîner d’État offert par le roi Harald V et la reine Sonja de Norvège en l’honneur du président du Singapour, la princesse Mette-Marit portait une tenue réalisée par notre fashion designer. Qui a également conçu la robe de mariage de la baronne bavaroise Cléopâtra von Adelsheim von Ernest, qui a épousé le prince héritier Franz-Albrecht de Oettingen-Oettingen-Spielberg. Il y a moins d’un mois, on apprenait que la jeune Alexandra de Hanovre – fille de la princesse Caroline de Monaco et du prince Ernst August de Hanovre – était à Beyrouth pour des essayages à l’atelier Sandra Mansour. Qui dit mieux !

Gibran au Chouf…

Dana Alfardan, la compositrice de la musique de Broken Wings (les ailes brisées), le magnifique spectacle musical inspiré du livre de Gibran Khalil Gibran, a célébré son anniversaire à l’hôtel Mir Amine, entourée de tous les comédiens et des membres du comité du festival, de la chanteuse syrienne Assala Nasri, connue pour ses positions hostiles au régime de Bachar el-Assad, accompagnée du styliste des artistes chanteuses arabes, Nicolas Jebran. Mais qui est Dana Alfardan ? « Elle est à la pointe des femmes professionnelles et influentes au Qatar » (dixit le site Culture Whisper, Londres). Outre la musique de Broken Wings, qui a joué à guichets fermés au théâtre Royal Haymarket, dans le West End à Londres en 2018, elle a été désignée pour composer la musique officielle d’ouverture et de clôture de la Coupe du monde de football 2022 au Qatar, et la chanson thème de marque pour le musée national du Qatar qui a ouvert ses portes en mars dernier. Elle prépare actuellement une composition sur un des thèmes de la poésie d’al-Roumi, celui de l’union mystique des soufis.

L’escapade de Billy…

Le pianiste franco-libanais Billy Eidi a fait le tour du monde pour donner des récitals, mais n’avait jamais visité le Chouf, ni son village d’origine Deir el-Qamar. Après son exceptionnel performance avec Abdel Rahman el-Bacha, il a logé à Deir el-Oumara et consacré deux journées à la découverte de la région, et plus particulièrement à arpenter les dédales de la cité des émirs et sa place bordée de palais. Résultat : totalement séduit.

La musique démocratisée

L’ancien député Ghassan Moukheiber et son épouse Marina Wakim partagent la même passion pour le chant. Aussi, n’ont-ils pas pu résister à la tentation de s’emparer d’un micro pour entonner avec Oumayma el-Khalil une chanson de Zaki Nassif, accompagnés au piano par Hani Siblini. C’était lors du concert de LeBam offert au palais de Beiteddine, qui a rassemblé cette année des handicapés de différentes ONG libanaises. Rappelons que LeBAM est une association fondée par Ghassan Tuéni, Ghassan Moukheiber et Walid Gholmieh pour favoriser l’expansion et le développement de la musique au Liban en fournissant un enseignement musical ainsi que les instruments, gratuitement, à des jeunes de 12 à 18 ans, en majorité issus de milieux défavorisés.

Vivent les initiatives privées.

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CÔTÉ BAALBECK Lil Mama et Mr. JohnsonEn plus des places assises, un concert standing a eu lieu à Baalbeck, le second après celui de Mashrou3 Leila en 2012. Un millier de fans s’étaient massés devant les marches du temple de Bacchus pour applaudir Jain, la chanteuse pop de Makeba, et de Zanaka, « Album révélation » aux Victoires de la musique, qui, en juin dernier, avait...

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