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Moyen Orient et Monde

L’Iran pointe la division entre Américains et Européens

Golfe
OLJ
06/08/2019

L’Iran a estimé hier que les États-Unis agissaient seuls contre lui et que leurs alliés avaient « honte » de les rejoindre dans une coalition pour accompagner les pétroliers dans le Golfe, une région stratégique au cœur des tensions. Ces déclarations ont été faites à Téhéran par le chef de la diplomatie Mohammad Javad Zarif, qui a aussi confirmé avoir refusé une invitation à rencontrer le président Donald Trump à la Maison-Blanche malgré les menaces de sanctions à son encontre qui ont été au final imposées la semaine dernière.

Les États-Unis et l’Iran sont engagés depuis 2018 dans un bras de fer découlant de la question nucléaire et exacerbé par des invectives, des attaques en mai et juin derniers contre des pétroliers dans le Golfe imputées à Téhéran malgré ses démentis et par la destruction par l’Iran d’un drone américain en juin. Et l’Iran a annoncé dimanche avoir saisi un pétrolier étranger dans le Golfe, le troisième en moins d’un mois dans cette région par laquelle transite le tiers du pétrole acheminé par voie maritime au monde.

« Aujourd’hui, les États-Unis sont isolés dans le monde et ne peuvent créer une coalition. Les pays qui sont leurs amis ont trop honte d’être dans une coalition avec eux », a dit M. Zarif lors d’une conférence de presse. « Ils ont créé eux-mêmes cette situation en violant la loi et ont suscité tensions et crises », a-t-il ajouté.

Les Européens réticents

Face aux tensions et menaces dans le Golfe, les États-Unis ont lancé l’idée d’une coalition en juin, mais ils peinent à la concrétiser. L’idée était que chaque pays y escorte militairement ses navires marchands avec le soutien de l’armée américaine, qui assurerait la surveillance aérienne de la zone et le commandement des opérations. Les Européens sont réticents, ne voulant pas s’associer à la politique de « pression maximale » de M.

Trump sur l’Iran , car ils cherchent à préserver l’accord sur le nucléaire iranien conclu en 2015 avec l’Iran et dont Washington s’est retiré en 2018. La chancelière allemande Angela Merkel exclut en l’état une participation de son pays à une mission de protection des pétroliers dans le Golfe sous direction américaine, a indiqué hier la porte-parole du gouvernement Ulrike Demmer. Le Royaume-Uni a toutefois annoncé hier qu’il allait participer à cette mission de sécurité maritime.

Le rejet de l’invitation de Trump

M. Zarif a affirmé hier avoir refusé une invitation à rencontrer M. Trump à la Maison-Blanche, ce qui, selon lui, lui a valu des sanctions. « On m’a dit à New York que je serai la cible de sanctions dans deux semaines si je n’accepte pas cette offre que, heureusement, je n’ai pas acceptée. » Vendredi, le magazine New Yorker a rapporté que le sénateur américain Rand Paul avait rencontré mi-juillet à New York, avec la bénédiction de M. Trump, M. Zarif pour l’inviter à la Maison-Blanche. Celle-ci n’avait pas commenté ces informations.

Avant M. Zarif, le guide suprême Ali Khamenei, ultime décideur dans les dossiers sensibles en Iran, a été la cible de sanctions américaines. Ce sont les États-Unis « qui avaient quitté la table (des négociations), sanctionné le ministre des Affaires étrangères d’Iran ainsi que la plus haute autorité de la République islamique d’Iran. Avec qui veulent-ils négocier ? » a lancé M. Zarif.

« Ils veulent juste imposer leur volonté à l’Iran. Ils ne doivent pas s’attendre à ce que l’on négocie tant qu’ils sont engagés dans un terrorisme économique », a-t-il ajouté en allusion aux sanctions américaines rétablies après le retrait de l’accord nucléaire et qui asphyxient l’économie iranienne. Mais il n’a pas fermé complètement la porte. « À mon avis, les négociations et la diplomatie ne s’arrêteront jamais (...) Même en temps de guerre, les négociations existeront. » Il a aussi dit ne pas croire que M. Trump déclencherait une guerre avec l’Iran, à moins selon lui que les faucons autour de lui ne le convainquent autrement.

Source : AFP

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