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Liban - Qabr Chmoun

Le PSP et les FL dénoncent des manœuvres judiciaires suspectes

Le tribunal militaire. Photo ANI

Les retombées des incidents de Qabr Chmoun se poursuivent dans un sens politique particulier visant à circonscrire le leadership traditionnel de Walid Joumblatt, chef du Parti socialiste progressiste. L’un des enjeux de la rencontre élargie de Baabda, mercredi dernier, en présence du chef du Parti démocratique libanais, le député Talal Arslane, rival de M. Joumblatt, et des ministres Saleh Gharib (PDL), Élias Bou Saab et Salim Jreissati, ainsi que du directeur de la Sûreté générale Abbas Ibrahim aurait servi en partie, selon une source proche du PSP, à explorer les moyens judiciaires de contourner l’enquête menée par la branche des renseignements des Forces de sécurité intérieure (FSI) sur ces incidents, à savoir les accrochages entre partisans du PSP et gardes du corps de Saleh Gharib, parmi lesquels deux personnes ont été tuées. L’enquête des FSI – qu’elles ont pris soin de remettre aux présidents de la République, du Conseil et de la Chambre, peut-être à titre préventif – écarte la piste du guet-apens contre le ministre et la tentative de l’assassiner, contrairement aux allégations de ce dernier.

Alors que le Premier ministre, Saad Hariri, maintient sa position de ne pas soumettre au Conseil des ministres la question de la saisine de l’affaire par la Cour de justice, son transfert au tribunal militaire est accepté comme solution alternative par le chef de l’État, sous réserve toutefois de certains remaniements, et pas des moindres, susceptibles de réorienter les résultats de l’enquête dans un sens favorable aux détracteurs de Walid Joumblatt.

C’est ce qu’a dénoncé en fin de semaine le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, en pointant du doigt des « manœuvres suspectes » devant le tribunal militaire. « Ce dossier aurait dû être pris en charge par le substitut du commissaire du gouvernement le plus haut placé, en l’occurrence Fadi Akiki, mais cela ne s’est pas produit. Ensuite, il a été retiré des mains du juge d’instruction militaire, Fadi Sawan, un homme neutre, pour être remis au juge Marcel Bassil (également juge d’instruction militaire). Ces démarches ne sont-elles pas de nature à susciter des doutes ? » a-t-il fait valoir. Et le chef des FL d’indiquer par ailleurs que « l’enquête préliminaire effectuée par la branche des renseignements des FSI (concluant à l’absence d’une embuscade) a été approuvée par les services de sécurité, mais des parties œuvrent aujourd’hui à changer la qualification du crime », a affirmé M. Geagea, faisant écho aux craintes exprimées dans les milieux du PSP sur l’existence de pressions émanant de la présidence de la République et du ministre Gebran Bassil d’écarter le juge Fadi Sawan et de le remplacer par le juge Marcel Bassil, bien que ce dernier ne fasse pas partie des juges assurant une permanence pendant les vacances judiciaires en cours.

Le ministre de la Défense, Élias Bou Saab, a toutefois affirmé qu’il n’y a « aucune ingérence dans le travail du tribunal militaire » et qu’une éventuelle ingérence « ne sera pas tolérée ». Pour sa part, Talal Arslane a estimé que « les problèmes du pays et ses crises sont à gérer à la table du Conseil des ministres et pas dans la rue ».

En plus des manœuvres qui se jouent à travers le tribunal militaire, l’option de la Cour de justice (tribunal d’exception dont la saisine nécessite une décision du cabinet) continue de représenter une épée de Damoclès suspendue au-dessus la tête de Walid Joumblatt et de Saad Hariri, si bien que le PSP n’a d’autre option que de contre-attaquer. Le parti prévoit une conférence de presse demain pour commencer, dit-il, à révéler les dessous d’une affaire éminemment politique, que ses opposants tentent à ses yeux de transposer sur l’appareil judiciaire.

Les retombées des incidents de Qabr Chmoun se poursuivent dans un sens politique particulier visant à circonscrire le leadership traditionnel de Walid Joumblatt, chef du Parti socialiste progressiste. L’un des enjeux de la rencontre élargie de Baabda, mercredi dernier, en présence du chef du Parti démocratique libanais, le député Talal Arslane, rival de M. Joumblatt, et des ministres Saleh Gharib (PDL), Élias Bou Saab et Salim Jreissati, ainsi que du directeur de la Sûreté générale Abbas Ibrahim aurait servi en partie, selon une source proche du PSP, à explorer les moyens judiciaires de contourner l’enquête menée par la branche des renseignements des Forces de sécurité intérieure (FSI) sur ces incidents, à savoir les accrochages entre partisans du PSP et gardes du corps de Saleh Gharib, parmi lesquels deux...
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