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Bombes nucléaires américaines en Europe : la polémique ravivée en Belgique


AFP
16/07/2019

Un document de l'assemblée parlementaire de l'OTAN a ravivé mardi la polémique en Belgique sur la présence en Flandre d'armes nucléaires américaines, des députés de l'opposition exigeant du gouvernement "un débat transparent" sur le sujet.

Un député écologiste a accusé l'Etat belge de "violer le traité sur la non prolifération des armes nucléaires de 1968", sur la base de ce document annonçant une prochaine version modernisée (B61-12) des bombes nucléaires B61 hebergées à Kleine-Brogel (nord). "C'est un secret de Polichinelle, tout le monde savait en Belgique" que de telles bombes sont entreposées sur cette base militaire, a dit à l'AFP ce député, Samuel Cogolati. Mais "aujourd'hui on a un rapport officiel de l'OTAN qui nous affirme cette vérité publique", a-t-il enchaîné, "donc nous réclamons un débat en toute transparence, il faut arrêter de mentir (...) cesser l'hypocrisie".

Dans ce rapport signé le 16 avril par le vice-président canadien de l'assemblée parlementaire de l'OTAN, Joseph A. Day, sont mentionnées les six bases où se trouvent les "quelque 150 bombes gravitationnelles B61" déployées par les Etats-Unis en Europe "dans le contexte de l'OTAN".

Kleine-Brogel, dans le nord néerlandophone de la Belgique, figure dans cette liste, avec deux bases en Italie, une en Allemagne, une aux Pays-Bas et une en Turquie, précise le document dont l'AFP a obtenu copie.

Les bombes destinées à être embarquées sur des avions américains et européens stationnées sur ces bases "sont sous contrôle américain et utilisables uniquement avec l'aval présidentiel" (du président Donald Trump en l'occurrence, ndlr), est-il ajouté.

L'OTAN a pris ses distances avec ce document, dont une version expurgée notamment des détails de localisation a été mise en ligne la semaine dernière. Le rapport public est désormais datée du 11 juillet. "Il ne s'agit pas d'un document officiel de l'OTAN", mais d'"un projet de rapport rédigé par des parlementaires de pays membres", a indiqué à l'AFP un responsable de l'Alliance atlantique.

Un porte-parole du ministre belge de la Défense Didier Reynders, également sollicité par l'AFP, a refusé de commenter.

Dès la fin des années 1980, un ministre belge avait reconnu la présence d'armes nucléaires sur la base de Kleine-Brogel, où opère un contingent de l'armée américaine. Mais aucune précision n'a jamais été donnée sur leur nombre ou les conditions de leur usage. Les experts estiment que ces ogives sont dotées d'une puissance réglable pouvant aller de "1Kt à 340 Kt". "Soit 26 fois la puissance de la bombe d'Hiroshima", ont déjà dénoncé des eurodéputés écologistes.

Selon l'agence de presse Belga, une douzaine de ces bombes se trouverait encore à Kleine-Brogel. "De 10 à 20" d'après Samuel Cogolati (Ecolo).

Mardi, le Parti socialiste flamand a également demandé le retrait de ces ogives nucléaires et "un débat transparent" au Parlement.

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