Le logo de Facebook. Photo AFP
La nouvelle cryptomonnaie Libra promise pour 2020 par le géant américain Facebook suscite de plus en plus d’inquiétudes parmi les régulateurs internationaux, qui craignent que ce type de projet ne fasse florès et guettent un premier rapport très attendu la semaine prochaine lors d’une réunion du G7.
« Plus nous investiguons ce projet, nous, la communauté des régulateurs, plus nous avons d’interrogations sérieuses et potentiellement de réserves », a mis en garde jeudi le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, à l’occasion d’une audition devant des membres du Sénat. Or en l’état, « nous n’avons pas de réponses claires » à la plupart des questions, a-t-il souligné, martelant qu’il n’était « pas question que ces projets prospèrent sans respecter les régulations nationales et internationales ».
La veille, le patron de la Réserve fédérale américaine Jerome Powell avait lui aussi tiré la sonnette d’alarme en affirmant que les intentions du réseau social soulevaient « de grandes inquiétudes » en matière « de respect des informations personnelles, de la protection des consommateurs et de la stabilité financière ». Potentiellement, cette monnaie pourrait être « largement adoptée », étant donné les deux milliards d’utilisateurs de Facebook, a relevé M. Powell. Par conséquent, « en cas de problèmes associés à du blanchiment d’argent (...), ceux-ci deviendraient vite très importants à cause de la taille du réseau », s’est-il inquiété.
Défiance des superviseurs
Avec la création de cette monnaie numérique annoncée mi-juin, Facebook veut bouleverser le système financier mondial, ce qui donne des sueurs froides à certains États, inquiets de voir des entreprises privées s’engager sur ce terrain.
Libra doit offrir courant 2020 un nouveau mode de paiement en dehors des circuits bancaires traditionnels : elle se veut la pierre angulaire d’un nouvel écosystème, affranchi de la barrière des différentes devises. Mais dès l’origine, ce projet s’est attiré la défiance des superviseurs et des législateurs internationaux, qui sortent tout juste de dix ans de lourds travaux pour rendre le système financier mondial plus sûr, mais aussi après l’éclatement d’une série de scandales sur l’utilisation de données des utilisateurs qui ont entaché la réputation de Facebook.
Source : AFP


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