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Hamadé : J’attends de Hariri qu’il tente d’arrêter cette course folle vers la présidence...

Marwan Hamadé. Photo Michel Sayegh

Le député Marwan Hamadé, membre du groupe parlementaire du Rassemblement démocratique du chef du Parti socialiste progressiste Walid Joumblatt, s’en est pris hier directement au chef du Courant patriotique libre, le ministre Gebran Bassil, l’accusant de plonger le pays avant l’heure dans une « course frénétique » pour la présidence de la République. Il a appelé dans ce cadre le Premier ministre Saad Hariri à mettre un terme à cette équipée.

Estimant que la crise actuelle n’a rien à voir avec une question de nominations administratives et une volonté de circonscrire l’influence de M. Joumblatt à ce niveau, M. Hamadé a affirmé : « Ce ne sont là que des détails en comparaison avec cette campagne frénétique menée par l’un des partis et certains de ses acolytes. Il s’agit d’une question de stabilité et de paix de l’État. »

« Alors que nous tentions de régler la question du budget pour sauver le Liban et ouvrir la voie aux projets de soutien extérieurs, nous nous sommes retrouvés face à une campagne trop précoce à des fins électorales. Le mandat Aoun n’est pas encore terminé, le président a trois ans encore a compléter et sa santé est excellente. De plus, les autres parties présentes sur la scène maronite qui méritent d’entrer dans la course présidentielle sont encore là », a-t-il indiqué dans un entretien à Radio Liban libre.

Et Marwan Hamadé de poursuivre : « Que s’est-il produit pour que le ministre des Affaires étrangères s’écarte de sa mission principale et se lance dans une opération de crispation politique et confessionnelle dans toutes les régions du Liban ? Le problème se situe à ce niveau, et cache des visées régionales liées au régime syrien et ceux qui le soutiennent dans la région. »

Concernant l’initiative menée hier par le président de la Chambre Nabih Berry auprès du président de la République, M. Hamadé a indiqué : « Les intentions du président Berry sont bonnes. Il a souffert du CPL et de son chef avant nous et avant d’autres aussi. La solution qu’il trouvera sera équitable. J’attends du Premier ministre Saad Hariri qu’il tente d’arrêter cette course folle vers la présidence à un moment où il ne pourrait plus rien subsister du Liban. »

Et de souligner : « Le président de la Chambre avait déjà essayé avec le Courant patriotique libre avant nous. J’étais avec lui lors de l’élection du président Aoun et nous avons voté contre cette dernière. Je me souviens qu’il m’a dit ce jour-là : nous voulons élire un président, pas deux (en allusion aux ambitions présidentielles du chef du CPL, Gebran Bassil). Comme il avait raison… »

Mais le député du Chouf a estimé que sa formation politique ne regrette pas d’avoir laissé un siège vacant pour assurer l’élection du chef du Parti démocratique Talal Arslane lors des dernières législatives. « Nous l’avons fait pour la paix civile et la concorde dans la Montagne, et pour ouvrir des canaux de communication avec l’émir (Talal Arslane). Nous avons également appelé à la formation d’une liste unique dans la Montagne consacrant le sens de la réconciliation et regroupant les Forces libanaises, le PSP, le courant du Futur, le CPL et Talal Arslane. Ce sont les autres qui ont refusé cette initiative, ceux qui comptaient sur une loi électorale taillée sur mesure pour abattre leurs rivaux, surtout dans la Montagne », a-t-il indiqué.

« Heureusement, ils n’ont obtenu qu’une satisfaction minime (en ne raflant que quatre sièges). Puis nous avons remis l’affaire de (l’incident de) Choueifate (entre partisans du PDL et du PSP, après les élections) entre les mains du président de la République, et les ministres Akram Chehayeb et Waël Bou Faour avaient demandé au chef de l’État d’intervenir à l’époque avant que la situation ne s’aggrave. Nous ne savions pas que le ministre Bassil persisterait dans la provocation de toutes les composantes libanaises, de région en région », a ajouté Marwan Hamadé.

Concernant une éventuelle démission des ministres joumblattistes au cas où Talal Arslane persisterait à réclamer que les partisans du PSP soient déférés devant la Cour de justice, M. Hamadé a affirmé que la position du PSP est tributaire de la relation avec le Premier ministre Hariri et des autres composantes essentielles au sein du gouvernement, à commencer par les Forces libanaises, à la lumière de la position du gouvernement dans son ensemble au sujet de la Cour de justice. « Cette initiative ne vise pas à rendre justice. Il s’agit d’une tentative de marquer des points politiques et elle ressemble à l’attentat contre l’église Notre-Dame de la Délivrance (1994), qui avait été fabriqué de toutes pièces pour abattre (le leader des FL) Samir Geagea à l’époque », a-t-il noté (voir par ailleurs).

Et de conclure : « La phase à venir est extrêmement dangereuse. Les trois présidents et l’ensemble des composantes doivent intervenir pour que le Conseil des ministres se réunisse sans perdre de temps, dans la mesure où nous sommes face à une affaire de vie ou de mort sur le plan économique. Nous avons remis ceux que nous devions livrer à la justice au directeur de la Sûreté générale, le général Abbas Ibrahim. Il est temps de trouver une solution au destin du Liban et à la situation économique des Libanais avant de sombrer dans le piège des ambitions juvéniles. »


Le député Marwan Hamadé, membre du groupe parlementaire du Rassemblement démocratique du chef du Parti socialiste progressiste Walid Joumblatt, s’en est pris hier directement au chef du Courant patriotique libre, le ministre Gebran Bassil, l’accusant de plonger le pays avant l’heure dans une « course frénétique » pour la présidence de la République. Il a appelé dans...

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