Que nous le voulions ou non, le Liban d’aujourd’hui est celui des quatre républiques :
– La chrétienne
– La sunnite
– La chiite
– Et la druze.
Ces quatre républiques sont elles-mêmes divisées « in interno ».
– La chrétienne comprend la république de Samir Geagea, la république de Samy Gemayel, la république de Gebran Bassil et la république de Sleiman Frangié, et Michel Moawad, et plusieurs groupuscules dont celles de la société civile.
– La sunnite comprend celle de Saad Hariri, celle de Nagib Mikati et celle d’Achraf Rifi.
– La chiite, celle de Hassan Nasrallah (wilayat al-faqih), celle de Nabih Berry et celle des Assaad, et el-Khalil.
– La druze celle de Walid
Joumblatt, celle de Talal Arslane et celle de Wia’m Wahhab.
Malheureusement pour les peuples du Liban, il manque à ces quatre républiques l’élément essentiel qui pourrait constituer le citoyen libanais.
Nous ne cesserons jamais de répéter que toutes républiques confondues, nous ne sommes pas des citoyens d’État, mais des citoyens de religion, si la religion peut se confondre avec le terme de citoyenneté.
Ce qu’il faut savoir et retenir essentiellement, c’est que tant que ces quatre républiques existeront, tous les problèmes que nous vivons, au jour le jour, ne changeront jamais.
Nous croyons que pour sortir de cet imbroglio, le seul moyen serait de constituer au sein du Parlement libanais actuel... et futur un lobby de plusieurs députés qui seraient capables et à même de constituer une force politique pour préparer les générations futures à suivre un programme d’éducation pour former et éduquer ces peuples du Liban, pour concevoir et accepter de devenir des citoyens du Liban.
Oui ! Plusieurs décennies seraient nécessaires pour enrayer les données actuelles, mais encore faut-il que l’on commence.
Tiraillé par toutes les considérations de chacune de ces quatre républiques, il est difficile, mais absolument nécessaire, de sortir de ce carcan : dissociation entre le concept de la citoyenneté et celui de l’appartenance religieuse.
Séparer l’État de la religion deviendrait la seule issue de ces crises politiques qui constituent le tissu actuel des Libanais.
Le lobby des députés présents, et futurs, doit avoir le courage et le souffle de préparer les projections d’une telle éducation.
Sans chercher à lire à travers l’histoire politique internationale de nombre de pays, il nous suffit de revenir à l’histoire de France qui, à partir de 1789 (date de la Révolution française), a mis plus de 116 ans pour faire passer une loi en 1902 et 1905 en vue de dissocier la religion de l’État.
Peut-être n’aurons-nous pas besoin de 100 ans pour atteindre cet objectif, mais c’est à travers ce lobby de députés, conscients de l’appartenance des Libanais à une citoyenneté pratiquement laïque, que l’on pourrait faire enfin de ce pays une véritable nation.
Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour.


La pauvreté attise les divisions et la haine. C'est toujours l'erreur des autres. Si demain on trouve du pétrole dans les eaux libanaises en quantité phénoménale tous les libanais seront unis pour défendre "le vivre ensemble".
12 h 55, le 07 juin 2019