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Liban

Amnesty condamne l’interdiction de l’application Grindr au Liban : « Un coup dur pour la communauté LGBTI »

Droits de l’homme

D’autres applications utilisées par la communauté gay fonctionnent toujours, indique une source à « L’Orient-Le Jour ».

N.B. | OLJ
30/05/2019

Amnesty International a condamné hier la décision du ministère des Télécommunications de bloquer au Liban l’accès à Grindr, une application de rencontres qui, selon le mémo du ministère, « assure des liaisons amoureuses et sexuelles pour les homos et les bisexuels ».

« La décision d’interdire Grindr au Liban est une étape profondément régressive et un coup dur pour les droits de la communauté LGBTI locale (lesbiennes, gays, bisexuels, trans ou intersexués). En plus de constituer une atteinte flagrante au droit à la liberté d’expression, cette décision renforcera et légitimera les points de vue homophobes dans le pays, a dénoncé Lynn Maalouf, directrice de recherche sur le Moyen-Orient à Amnesty International. Personne ne devrait faire l’objet de discrimination ou de punition pour son orientation sexuelle. Au lieu de bloquer les applications utilisées par la communauté gay, les autorités libanaises devraient immédiatement lever cette interdiction et concentrer leurs efforts sur la fin de la répression contre les personnes LGBTI. »

Dans un communiqué publié hier, Amnesty International indique avoir obtenu d’une source officielle au sein du ministère des Télécommunications la confirmation de cette décision. « En janvier 2019, l’accès à l’application Grindr était partiellement bloqué sur certains réseaux libanais, apparemment sur ordre du ministère », ajoute Amnesty.

En effet, un utilisateur de l’application a indiqué hier en fin d’après-midi à L’Orient-Le Jour qu’il y a « quelques mois, les opérateurs de téléphonie mobile Alfa et Touch ont bloqué Grindr ». « Ensuite Alfa a débloqué l’utilisation de l’application, donc on pouvait y accéder si on avait un réseau Alfa ou si on était connecté sur un Wi-Fi », ajoute-t-il. Et d’affirmer : « Je viens d’essayer d’ouvrir l’application en étant connecté sur un Wi-Fi et, en effet, elle ne télécharge pas. J’ai vérifié si d’autres applications étaient également bloquées, ce n’est pas le cas. »

Le quotidien Daily Star a mis la main sur la note du ministère des Télécoms datant de vendredi et signée par Bassel Ayoubi, directeur du département de l’exploitation et de la maintenance. Dans le mémo, l’on peut lire, comme motif de la décision, que l’application « assure des liaisons amoureuses et sexuelles pour les homos et les bisexuels ».

Violation flagrante des libertés individuelles

« Mauvaise nouvelle. Il semble que le gouvernement libanais et en particulier le ministère des Télécommunications n’aient aucun intérêt à protéger la liberté d’association au Liban et a publié vendredi dernier un mémo ordonnant l’interdiction complète et totale de Grindr au Liban. Ceci est une violation flagrante des droits et libertés individuels. Les précédentes interdictions ne nous ont pas découragés et celle-ci non plus. Pour les personnes concernées, vous pouvez utiliser les VPN suivants : Nord, Orbit et Tunnelbear », a de son côté réagi, mardi, l’association Helem sur sa page Facebook.

« Les personnes LGBTI au Liban continuent de se voir refuser la liberté d’exercer leurs droits. Le code pénal libanais, qui criminalise les rapports sexuels qualifiés de contre nature, a été utilisé pour poursuivre les personnes LGBTI. Il y a un peu plus d’un an, les Forces de sécurité intérieure ont également interdit la tenue d’une série d’événements organisés par des activistes LGBTI pour marquer la Journée internationale contre l’homophobie et la transphobie, en invoquant des préoccupations sécuritaires », rappelle Amnesty.

Cette décision du ministère des Télécoms intervient alors que la communauté homosexuelle du Liban a constaté une très relative amélioration de sa situation au cours des dix dernières années. Cette amélioration s’est concrétisée par sept décisions de justice en faveur des membres de la communauté LGBTIQ, entre les années 2009 et 2019, et par un refus des juges de faire appliquer à ces cas l’article 534 du code pénal qui criminalise les relations charnelles « contre nature ».

N.B.

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