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Liban - Disparition

Abdel-Latif el-Zein, l’élégance d’un demi-siècle de politique


Abdel Latif el-Zein.

L’ancien député de Nabatiyé, Abdel-Latif el-Zein, est décédé hier à l’âge de 87 ans des suites d’une longue maladie.

Affublé du titre de « doyen » – doyen de la vie parlementaire libanaise, dont il a été l’humble serviteur de 1962 à 2018 sans interruption, soit pendant 56 ans, honoré pour son ancienneté par la Fédération parlementaire arabe – Abdel-Latif el-Zein n’a pas tant le mérite de la longévité que de la manière dont il l’a meublée.

Issu d’une lignée politique ouverte sur l’Occident, fils du leader féodal de Jabal Amel, Youssef Ismaïl el-Zein, dont il prend le relais de la députation à son décès, frère des deux députés, Abdel Majid et Abdel Karim, Abdel-

Latif el-Zein était à son entrée au Parlement le plus jeune des députés avant d’en devenir le doyen un demi-siècle plus tard. Au fil des ans, on le reconnaissait à sa silhouette de dandy sillonnant les couloirs du Parlement, avec une élégance que l’âge ne cessait de rehausser. Discret, il n’était pas moins actif : considéré comme l’un des premiers « vrais » législateurs, il a multiplié les propositions de loi. Sa présence dynamique au sein des commissions parlementaires aidant, il ne s’en est jamais absenté. Il a présidé les commissions de la Justice, des Télécommunications et des Affaires étrangères avec une rigueur de la vieille école.

Né en 1930 à Kfarreman (caza de Nabatiyé), il alterne les études primaires et complémentaires entre l’école dite « des Américains » et le couvent de Machmouché, avant de suivre les cours du cycle secondaire à la Sagesse puis à l’International College (IC) à Beyrouth.

Il fait ensuite des études de droit à l’Université Saint-Joseph, dont il obtient le diplôme en 1953. L’université lui permet aussi de rencontrer Alice Kassardjian, qui deviendra son épouse et lui donnera une fille, Nayla.

Son parcours politique est marqué par sa participation aux travaux de la conférence de Taëf ayant mis fin à la guerre civile. Il est, avant la guerre, ministre de l’Agriculture au sein du gouvernement de Rachid Karamé entre 1969 et 1970.

Fidèle à la tradition du chiisme « amelite », Abdel-Latif el-Zein est avec ses deux frères l’un des premiers hommes politiques libanais ayant appuyé l’imam Moussa Sadr à la fin des années 60 dans son initiative de sortir les chiites de leur situation de déshérités. C’est dans ce contexte qu’il participe avec ses frères à la création du Conseil supérieur chiite. Cette étape est le reflet de son engagement presque naturel en faveur du vivre-ensemble.

Un engagement que l’ancien ministre, cheikh Michel el-Khoury, président de la Société des membres de la Légion d’honneur (SMLH), dont faisait partie Abdel-Latif el-Zein, a mis en avant en regrettant sa disparition dans un communiqué : « Il avait tissé des liens avec les différentes composantes politiques et communautaires du Liban, sans distinction entre une partie et une autre. Il était toujours présent par ses opinions, ses idées et ses propositions vouées à fédérer les Libanais. »

Il a été proche de ses électeurs jusqu’à ses derniers jours, veillant à les rencontrer en fin de semaine et à recueillir leurs doléances.

L’ancien député de Nabatiyé, Abdel-Latif el-Zein, est décédé hier à l’âge de 87 ans des suites d’une longue maladie.Affublé du titre de « doyen » – doyen de la vie parlementaire libanaise, dont il a été l’humble serviteur de 1962 à 2018 sans interruption, soit pendant 56 ans, honoré pour son ancienneté par la Fédération parlementaire arabe – Abdel-Latif el-Zein n’a pas tant le mérite de la longévité que de la manière dont il l’a meublée.
Issu d’une lignée politique ouverte sur l’Occident, fils du leader féodal de Jabal Amel, Youssef Ismaïl el-Zein, dont il prend le relais de la députation à son décès, frère des deux députés, Abdel Majid et Abdel Karim, Abdel-
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