Place Riad el-Solh, un sit-in pour protester contre une baisse du budget de l’Université libanaise. Photo ANI
Le ministre de l’Éducation, Akram Chehayeb, a rassuré hier les enseignants et étudiants de l’Université libanaise quant au maintien du budget consacré à leur établissement, alors que ceux-ci observaient plus tôt dans la journée deux sit-in, l’un place Riad el-Solh, à Beyrouth, et l’autre devant le sérail de Tripoli, pour accompagner la grève ouverte lancée depuis plusieurs semaines en signe d’avertissement contre une éventuelle baisse de ce budget.
« Les rumeurs qui circulent sur une réduction du budget de l’Université libanaise pour l’année 2019 sont dénuées de tout fondement », a affirmé M. Chehayeb, soulignant que « les montants de la contribution de l’État au bénéfice de l’UL pour les années 2018, 2019 et 2020 restent les mêmes ». « Nous préserverons cette contribution en coopération avec le ministre du Travail, Ali Hassan Khalil », a promis M. Chehayeb, exprimant son attachement à « la bonne marche et (à) l’avenir de l’université ».
Place Riad el-Solh, le président du comité exécutif de la Ligue des professeurs à plein temps de l’UL, Youssef Daher, s’était indigné devant une foule de protestataires quant au fait que « pour la deuxième année consécutive, le budget de l’Université libanaise baisse à concurrence de 80 milliards de livres ». Il a estimé qu’« à travers cette mesure, ils veulent ensevelir l’université en la privant de laboratoires, de recherches et de maintenance, au profit des marchés de drogues, du blanchiment d’argent et de leurs universités privées ». « Nous ne les laisserons pas faire, parce que l’UL est la propriété des gens, des étudiants d’hier, d’aujourd’hui et de demain, et ce même s’ils veulent les pousser à l’exode », a-t-il martelé, avant d’ajouter : « Nous protégerons l’université pour préserver l’image d’une patrie qui se distingue par la science et l’esprit rayonnant qui s’étend au Moyen-Orient et au monde entier. »
« Au lieu de spolier les droits des enseignants, nous leur proposons plutôt la mise en place d’un plan économique comportant la restitution des fonds publics pillés, la lutte contre la corruption et l’évasion fiscale », a ajouté M. Daher. « Nous avons établi des études dévoilant leurs dépenses tout au long des 30 ou 40 dernières années », a-t-il indiqué à cet égard, réclamant « l’instauration d’un budget stratégique qui préserve le pays ».
En appui aux propos du président du comité exécutif de la Ligue des professeurs à plein temps de l’UL, ses collègues ont brandi des calicots sur lesquels on pouvait lire notamment : « Ne ciblez pas l’Université libanaise » et « La perte de l’année universitaire est due à l’obstination du gouvernement ».
Par ailleurs, le Rassemblement académique des enseignants universitaires a, pour sa part, mis en garde contre « une baisse des salaires des enseignants universitaires, actifs et retraités », estimant, dans un communiqué, qu’« une réduction des montants alloués à la Caisse mutuelle des enseignants menacerait leur sécurité médicale et sociale ».

