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Cinéma / Festival de Cannes

Alain Delon honoré, malgré la polémique

Ovation pleine d’émotion pour le couple mythique du film « Un homme et une femme ».

De gauche à droite : Claude Lelouch (81 ans), Anouk Aimée (87 ans) et Jean-Louis Trintignant (88 ans), les réalisateur et acteurs du mythique « Un homme et une femme », Palme d’or en 1966, venus présenter hors compétition le troisième volet de la saga, « Les plus belles années d’une vie », après une première suite, « Un homme et une femme : 20 ans déjà », également présentée hors compétition en 1986. Ils ont eu droit à une ovation du public, de longues minutes d’applaudissements nourris accompagnant la fin de la projection de ce troisième opus. Loïc Venance/AFP

Sept fois en compétition, mais jamais récompensé : Alain Delon, acteur mythique du film Le Guépard, a reçu hier soir son premier prix au Festival de Cannes, qui lui a remis une Palme d’or d’honneur pour l’ensemble de sa carrière. L’icône du cinéma français des décennies 1960 et 1970 a réceptionné cette palme des mains de sa fille Anouchka.

Si cette palme, après celles remises à Jean-Paul Belmondo ou Jean-Pierre Léaud, apparaît comme une récompense tardive pour celui qui a tourné avec des réalisateurs de premier ordre comme Visconti, Melville ou Antonioni, elle a toutefois déclenché une polémique avant même le début du festival. Des féministes ont reproché à l’acteur d’être « raciste, homophobe et misogyne », selon les termes de l’association américaine Women and Hollywood, s’appuyant sur des propos qu’il a tenus par le passé. Une pétition, qui a recueilli plus de 25 000 signatures, a demandé à Cannes de « ne pas l’honorer ». « Pas d’honneur pour les agresseurs, a réagi également le collectif français Osez le féminisme. #MeToo ne nous a donc rien appris ? Nous exigeons que le Festival de Cannes refuse d’honorer un agresseur misogyne. »

Dans le Journal du dimanche, l’acteur a reproché à ses détracteurs d’avoir « inventé des déclarations ». « Je ne suis pas contre le mariage gay, je m’en fous : les gens font ce qu’ils veulent. Mais je suis contre l’adoption par deux personnes du même sexe. (...) J’ai dit que j’avais giflé une femme ? Oui. Et j’aurais dû ajouter que j’ai plus reçu de baffes que je n’en ai données. Dans ma vie, je n’ai jamais harcelé une femme », a-t-il poursuivi. « On a voulu me coller l’étiquette extrême droite parce que j’ai raconté que j’étais copain avec (Jean-Marie) Le Pen depuis l’armée. Non, je suis de droite, point », a-t-il encore dit.

S’il a accepté de recevoir cette Palme d’honneur, le comédien de 83 ans, au caractère orageux, a par ailleurs toujours entretenu des relations mouvementées avec le Festival de Cannes. Il était venu pour la dernière fois sur la Croisette en 2013 pour la projection d’une copie restaurée de Plein Soleil de René Clément, « son maître absolu », après avoir présenté en 2010 une version restaurée du Guépard. Mais avant cela, il avait boudé pendant 10 ans le festival, vexé de ne pas avoir été invité, tout comme Jean-Paul Belmondo, aux célébrations du 50e anniversaire en 1997. C’est pourtant à Cannes qu’Alain Delon a mis un premier pied dans le cinéma, en 1957, invité par son ami Jean-Claude Brialy. Mais en 1976, alors qu’il vient avec Monsieur Klein de Joseph Losey, le film est froidement accueilli, provoquant l’agacement de l’acteur. Cette première fâcherie s’amplifie en 1984, quand Notre histoire de Bertrand Blier, dans lequel il joue, n’est pas sélectionné. Il faudra attendre la présence en compétition de Nouvelle vague de Jean-Luc Godard, en 1990, pour qu’il fasse un retour à Cannes en fanfare. Mais cette nouvelle idylle ne sera que de courte durée. Il boude à nouveau le festival à partir de 1997, déclarant même en 2006 qu’il ne montera « plus jamais les marches ». Les retrouvailles seront pourtant célébrées en 2007, alors qu’il est invité pour le 60e festival. « Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis ! » avait-il commenté alors.

La veille au soir, le public avait entonné en chœur « Badabadada, badabada... », le refrain de la célèbre chanson du film Un homme et une femme, pour saluer Claude Lelouch et ses acteurs Jean-Louis Trintignant et Anouk Aimée, venus présenter une suite de ce long-métrage mythique, dans un moment plein d’émotion. Avant cette ritournelle reprise a cappella par la salle, de longues minutes d’applaudissements nourris avaient accompagné la fin de la projection des Plus belles années d’une vie, pendant lesquelles l’émotion du réalisateur et de ses acteurs était palpable. Auparavant, Claude Lelouch (81 ans) et Anouk Aimée (87 ans) avaient foulé le tapis rouge pour rejoindre Jean-Louis Trintignant (88 ans), très affaibli, qui les attendait en haut de l’escalier. À leurs côtés, se trouvaient également ceux qui jouaient leurs enfants en 1966 – Antoine Sire et Souad Amidou –, aujourd’hui quinquagénaires et qui reprennent leur rôle dans la suite, ainsi que les actrices Monica Bellucci et Marianne Denicourt.

Présenté hors compétition, Les plus belles années d’une vie raconte les retrouvailles des deux personnages principaux d’Un homme et une femme, Palme d’or 1966 et consacré par deux oscars, celui du meilleur film étranger et celui du meilleur scénario. En 1986, Claude Lelouch avait déjà réalisé une première suite à son film le plus célèbre, Un homme et une femme : 20 ans déjà, également montrée hors compétition à Cannes et réunissant ses deux acteurs de 1966.

Source : AFP


Sept fois en compétition, mais jamais récompensé : Alain Delon, acteur mythique du film Le Guépard, a reçu hier soir son premier prix au Festival de Cannes, qui lui a remis une Palme d’or d’honneur pour l’ensemble de sa carrière. L’icône du cinéma français des décennies 1960 et 1970 a réceptionné cette palme des mains de sa fille Anouchka.

Si cette palme, après...

commentaires (1)

Bravo Alain Delon. Bonne récompense.

LeRougeEtLeNoir

23 h 25, le 20 mai 2019

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Commentaires (1)

  • Bravo Alain Delon. Bonne récompense.

    LeRougeEtLeNoir

    23 h 25, le 20 mai 2019