Liban

« Il supportait la souffrance en silence »

Pat. K. | OLJ
17/05/2019

Il a accompagné le cardinal Sfeir tout au long des six dernières années et accepté de livrer son témoignage à L’Orient-Le Jour, tout en voulant préserver l’anonymat.

« C’était un homme modeste et un érudit. Il avait huit ou neuf diplômes et parlait huit langues qu’il n’a jamais arrêté d’utiliser jusqu’à la fin de sa vie. C’était le seul religieux maronite de haut rang qui pouvait célébrer la messe en langue syriaque. Il passait son temps à lire. Jusqu’au dernier jour de sa vie, il a gardé toutes ses capacités. Sur son lit d’hôpital, avant de sombrer dans le coma, il lisait encore des livres et des journaux. »

« Il avait gardé jusqu’à la fin son sens de l’humour. Quand je lui disais : “Vous êtes toujours jeune, Monseigneur”, il me répondait : “Toutes les prières sont exaucées à part celles dans lesquelles on demande que la jeunesse soit rendue à un vieillard.” C’était un homme solide et robuste. Il supportait la souffrance physique sans mot dire. Quand il s’était fait opérer il y a cinq ans, il ne s’était jamais plaint. Et pourtant, le genre de chirurgie qu’il avait subie n’était pas facile. Il n’a jamais demandé à prendre un seul médicament, même s’il avait mal », raconte le témoin.

« C’était aussi un ascète. Il mangeait très peu. Il optait souvent pour les crudités et mangeait un seul plat par repas. Il me disait : “La nourriture, soit elle te tue soit elle te nuit.” C’était un homme qui a lutté pour le Liban, pour l’entité libanaise, pour la souveraineté et l’indépendance du pays. Il n’a jamais privilégié un parti au détriment d’un autre. Sa porte était ouverte à tous. Il a refusé de se rendre en Syrie. D’ailleurs il l’a dit : “Je n’irai en Syrie qu’accompagné de ma communauté.” Les plus fidèles à l’ancien patriarche maronite, c’était les hommes politiques druzes. Ils lui rendaient régulièrement visite. Durant les fêtes, c’est tout le bloc parlementaire et tous les ministres druzes qui venaient le voir à Bkerké. Même les politiques chrétiens n’étaient pas aussi assidus », conclut-il.

Pat. K.

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