Nos Lecteurs ont la Parole

L’euphorie de l’expatriation

Carine SFEIR
OLJ
16/05/2019

Comment continuer à aimer son propre pays, le Liban, quand on vit à l’étranger, dans un pays où la qualité de vie est parmi les meilleures au monde ?

Ceux qui connaissent l’expatriation savent bien qu’en général, tout expatrié est pris d’une bouffée soudaine de nationalisme lorsqu’il est interrogé sur son pays d’origine.

« Le tourisme n’est-il pas en train de régresser chez vous ? La vie n’est-elle pas très chère ? N’est-il pas difficile de se faire de nouveaux amis? »... Face à toutes ces questions, nous sommes frappés par un vent de positivité…

Sauf chez les Libanais expatriés.

En effet, ce Libanais venu d’un pays meurtri, déchiré, incapable encore de se relever, rongé par la corruption, le vol, l’insécurité ; ce Libanais lui-même dégoûté, écœuré, blasé par ce pays qui n’a pu rien lui offrir ; ce Libanais qui a vécu ou plutôt survécu plusieurs années dans la peur et l’inquiétude de l’avenir ; ce jeune Libanais qui n’a jamais vécu comme un digne citoyen respecté ; ce Libanais qui a pourtant fait de son mieux pour rester chez lui jusqu’au moment où il a compris que son propre pays ne voulait pas de lui... Ce Libanais, essayez de l’interroger sur son monde.Selon une étude faite à l’université d’État de l’Arizona, l’adaptation à un nouveau pays passe par quatre stades, la lune de miel, la crise, le choc culturel, l’ajustement puis une phase d’acceptation ou d’adaptation.

Arrivé dans un nouveau pays, un étranger baigne d’abord dans une certaine euphorie quand il compare et voit les différences entre son nouveau monde et l’ancien. Au bout de deux ou trois ans, les choses changent tandis que ce nouveau monde devient un élément de la vie quotidienne.

Mais j’ai envie de dire en tant qu’expatriée que cela s’applique difficilement au Libanais. Le Libanais ne regrettera jamais le chaos dans lequel il vivait, ne regrettera jamais la pollution qui envahissait son environnement, ni la saleté, ni la pollution sonore, ni les embouteillages monstrueux, ni les cortèges de certains hommes politiques qui surgissent à tout bout de champ.

Le Libanais s’adaptera agréablement à son nouveau monde développé, serein et cette euphorie restera une joie intense pour lui.

Et c’est pour cette raison, que le Liban demeurera pour lui le pays des vacances, des souvenirs et des quelques amis qui lui sont restés.

Ce texte est le courrier d'un lecteur. A ce titre, il n'engage que son auteur et ne reflète pas nécessairement le point de vue de L'Orient-Le Jour.

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Sabine Chamoun

Il y a quand même chez un expatrié libanais beaucoup de nostalgie, justement frustrante, malgré le fait qu'il s'agit d'un pays chaotique. Parce qu'au milieu de ce chaos résident ses souvenirs, son enfance, sa famille, ses amis...et ça c'est difficile de remplacer.
Souvent on tombe sur des pays où la vie sociale est beaucoup moins dynamique, moins chaleureuse. Et ça, c'est encore une fois, irremplaçable.
Un pays ce n'est malheureusement pas qu'une bonne qualité de vie, un vent non pollué et une retraite garantie. J'aurais bien aimé que ce soit le cas. Je vous envie, Carine, pour votre vision!

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