Le Libanais Daoud Moukheiber, arrêté après a critiqué et insulté mardi le chef de l'Etat et le ministre des Affaires étrangères, sur fond de contestation au sujet de l'installation de lignes à haute tension à Mansouriyé. Photos Twitter/@sawtlebnan
Un Libanais a été arrêté mercredi après avoir critiqué et insulté la veille le président de la République, Michel Aoun, et son gendre, le chef de la diplomatie, Gebran Bassil, lors d'un sit-in de protestation contre l'installation par la force de lignes de haute tension à Mansouriyé, au sud-est de Beyrouth, rapportent des médias locaux.
Selon la radio Voix du Liban (VDL 100.3 et 100.5), il s'agit de Daoud Moukheiber. La radio ne précise pas qui a arrêté cet homme.
Une vidéo de son arrestation circule largement sur les réseaux sociaux. Elle a été postée par la députée Paula Yaacoubian sur son compte Twitter. "Un Etat de la honte et un mandat de musellement de la parole, d'oppression, et d'ingérence flagrante dans la justice. Daoud Moukheiber, un octogénaire, a été menotté et emmené comme un criminel parce qu'il a critiqué et parlé", a-t-elle écrit.
Mardi, une autre vidéo avait largement circulé sur les réseaux sociaux, et dans laquelle Daoud Moukheiber s'en prend au chef de l'Etat, au ministre des Affaires étrangères, et à la ministre de l'Energie, Nada Boustani, tous étant issus de la même formation politique, le Courant patriotique libre, fondé par le président Aoun.
Dans la vidéo reprise par le site d'information Janoubia, Daoud Moukheiber, costume cravate, lunettes de soleil, prend la parole devant les caméras, au milieu de quelques personnes rassemblées autour de lui. "Nous t'avons élu (à la présidence de la République), Michel Aoun. Si tu veux rester en poste encore quatre ans, tu devras te tenir calme, sinon, tu ne resteras pas en place plus de cinq minutes", lance cet homme sur un ton remonté. "Honte à vous! Tu lâches tes militaires contre nous parce que nous réclamons l'interdiction des lignes (à haute tension) qui provoquent le cancer? Installe ces lignes chez Nada Boustani et ses enfants, chez Gebran Bassil et sa mère. Vous n'êtes que des voyous. Nous avons eu tort de vous élire. Vous êtes des chiens!", conclut ce manifestant, sous quelques applaudissements.
De nouvelles échauffourées ont opposé mercredi pour le deuxième jour consécutif des habitants de Mansouriyé aux forces de l'ordre déployées dans le secteur.
Mi-avril, un nouveau round de contestation contre l'installation de ces câbles avait été lancé par les habitants de plusieurs localités du Metn. Ce regain de tension avait été provoqué par la publication du plan de réforme du secteur de l'électricité, présenté par la ministre de l’Énergie Nada Boustani. Ce plan prévoit de "demander aux Forces de sécurité intérieure d’assurer des agents en nombre suffisant pour accompagner les employés d’EDL et les aider à accomplir leur mission, notamment pour compléter l’installation du réseau de 220 kilovolts dans la région de Mansouriyé". Il demande en outre à l’armée libanaise de "soutenir les FSI dès que le besoin se fait sentir et de faire preuve de fermeté dans la réalisation de la mission".

