Liban

Histoires d’amour, de séparation et de souffrance (24)

La psychanalyse, ni ange ni démon
25/04/2019

Dans la dernière rubrique, nous avons vu l’importance de l’apprentissage de la propreté chez l’enfant (2/3 ans). Séparés dans la réalité, la mère en fait garde un certain pouvoir sur le corps de l’enfant, ce qui complique la séparation définitive : à l’oppression subie par l’enfant par une mère qui veut contrôler sa défécation, le refus de céder au pouvoir de la mère lui procure une certaine jouissance de type sadique. Mais la douleur qu’il éprouve en retenant ses selles accompagne le plaisir sadique qu’il exerce sur sa mère, ce qui instaure entre eux une relation de type sadomasochiste et empêche la séparation. La psychanalyse appelle cela le « Stade sadique anal ».

Cette relation complexe perdure jusqu’à environ 3 ans, âge de la découverte de la différence des sexes chez les enfants qui va provoquer un nouveau mouvement de séparation. Jusque-là, n’ayant pas encore découvert l’importance de ses organes sexuels, c’est le corps dans son ensemble qui garde toute sa valeur dans la relation avec la mère : « Être ou ne pas être » le Phallus qui manque à la mère, telle est la question. Jusqu’à la découverte de la différence des sexes ou la question devient « Avoir ou ne pas avoir le phallus ».

Découvrant que le garçon possède un pénis et que la fille n’en a pas, par déduction, l’enfant découvre ainsi que la mère ne pouvait pas en avoir. La mère va donc perdre de sa puissance, celle que lui avait accordée l’enfant jusqu’à l’âge de 3 ans. À l’idéalisation qui a précédé va suivre une période de mépris : sans pénis, la mère n’est pas complète, il lui manque quelque chose, aux yeux du garçon, elle est infirme. Cette infirmité est présente chez la fille du fait de la « passivité » qu’elle subit par l’absence de pénis. Ainsi, qui n’a pas vu une petite fille vouloir pisser contre un mur comme son frère et se résoudre à s’accroupir pour uriner ?

Autant pour le garçon que pour la fille une question, un choix inconscient va se faire là. Devant l’angoisse que va susciter l’absence de pénis chez la fille, « l’angoisse de castration » et la question de l’avoir ou ne pas l’avoir, un « repli » peut se faire sur la position précédente d’être ou ne pas être le phallus. Redevenir dans son corps le phallus de la mère résout l’angoisse devant l’absence de pénis chez la fille et complète aussi la mère. La mère n’aura plus à subir les affres de la castration puisqu’elle est complétée par le corps de l’enfant dans son ensemble. Et ce que gagne l’enfant, c’est de ne plus se poser la question de l’avoir ou de ne pas l’avoir, le phallus.

Ce lien inconscient entre la mère et l’enfant sera difficile à résoudre et maintiendra l’unité première entre les deux. Malgré la séparation du sevrage à la fin du stade oral, et l’apprentissage de la propreté, on le voit bien, « le stade phallique » permet une séparation entre la mère et l’enfant mais garde un potentiel de non-séparation comme on vient de le voir. La séparation reste difficile entre la mère et l’enfant et déterminera les trois genres de névrose : l’hystérie, la névrose obsessionnelle et la névrose phobique.

Le choix inconscient d’un retour à une relation névrotique avec la mère indique combien la séparation avec l’enfant est difficile. Il est compliqué de comprendre toutes ces positions que prend l’enfant pendant les premières années de la vie car tout cela est oublié, refoulé dans notre inconscient. L’accès à notre inconscient ne peut avoir lieu qu’à travers les rêves, les fantasmes, les lapsus et les actes manqués. Et par une psychanalyse qui nous ouvre les portes de cet inconscient.

La séparation avec la mère a encore une chance de se faire au « Stade génital » (5/7 ans) qui suit le stade phallique. Nous verrons cela dans la prochaine rubrique.

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