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La Dernière

Corinne Cobson n’est plus

Mode
23/04/2019

Née en 1956, la créatrice Corinne Cobson est décédée d’un cancer le 17 avril. Ceux qui ont vécu le Paris festif et rhomérien des Nuits de la pleine Lune se souviendront des costumes qu’elle avait créés pour le personnage de Louise campé par la gracile Pascale Ogier, 25 ans à peine, qui mourut deux mois après la sortie du film.

La mode selon Cobson, c’était avant tout une réponse aux attentes d’une jeunesse inquiète, écartelée entre la tragédie que représentait l’apparition du sida et la fête continue qui animait les nuits urbaines entre disco, paillettes et boules à facettes. Fille du couple Élie et Jacqueline Jacobson, créateurs de Dorothée Bis, Corinne Cobson quitte l’école à 16 ans et décide de travailler dans l’entreprise familiale. Elle se lasse très vite des petits boulots qu’elle se voit confier et décide de s’initier à la création. La maille étant le cheval de bataille de la maison, elle tente avec l’aide d’une tricoteuse de créer son premier pull. C’est un pull long comme une minirobe, tout en maille lâche et grands trous, mais à tout prendre, ce pull « raté » ne manque pas d’intérêt. Mieux, c’est un succès commercial.

Corinne Cobson lance sa marque en 1987, et son style un cran plus contemporain que les enseignes établies fait fureur. Elle est la première à faire défiler ses mannequins sans collants, à montrer les seins et le nombril, abaissant le pantalon sous la taille et réduisant le pull à un bandeau. Elle observe, écoute, se cultive en autodidacte et fait preuve d’une sensibilité hors pair à l’air du temps. Déjà dans un esprit punk chic, elle emploie peu de matériaux mais sans concession sur la qualité. Coton lycra et molleton, textiles peu employés ces années-là, sont les principaux éléments de son vocabulaire singulier. Celle qui dit s’inspirer de la musique, de la rue, des expositions ou d’une tache sur le bitume n’hésite pas à trouer, déchirer, découper, et se pose en pionnière d’une mode aujourd’hui récupérée par la production de masse, mais en ce temps-là véritablement personnalisée. Créatrice tous azimuts, Corinne Cobson prêtera son talent à d’autres grandes marques telles que Cacharel. Elle signera des palettes de maquillage pour L’Oréal et, surtout, se diversifiera dans l’ameublement et la décoration durable sous le label Corinne Cobson Home. Elle était mariée au photographe Tanguy Loyzance. C’est ce dernier qui a annoncé son décès sur Instagram avec ces simples mots : « Corinne Cobson. Mon amour. 1956-2019. »

Plus étrange est le message que la créatrice a elle-même laissé sur ce même média, avec le même portrait en noir et blanc, quelques heures avant son grand départ: « Ciao tutti ! Je suis partie pour mon dernier voyage… Je vous aime tous ! Love. » Élégante et légère jusque dans la tragédie.



Pour mémoire
Corinne Cobson à l’hypermarché

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