Le chef de la diplomatie libanaise, Gebran Bassil. Photo d'archives REUTERS/Mohamed Azakir
Le ministre libanais des Affaires étrangères, Gebran Bassil, a appelé une nouvelle fois depuis Moscou où il participe à la cinquième édition du Forum de coopération arabo-russe, à réintégrer la Syrie de Bachar el-Assad au sein de la Ligue arabe, affirmant que cela pourrait aider à régler le problème des réfugiés.
"A chaque fois que nous sommes réunis, il y a un siège vide qui afflige notre rassemblement arabe. Il est inacceptable que la Syrie reste exclue du milieu arabe", a estimé Gebran Bassil, lors de son discours."Nous avons tous des réserves concernant le régime syrien, et j'ai été personnellement contre la présence (militaire) syrienne au Liban (entre 1976 et 2005), mais lorsque la Syrie s'est retirée du Liban, nous avons convenu d'avoir les meilleures relations avec Damas", a expliqué le chef de la diplomatie libanaise. "Aujourd'hui, la crise syrienne est prête de se terminer, et nous sommes en faveur de la réconciliation entre les composantes syriennes, d'un comité pour la modification de la Constitution (syrienne), de la solution politique sur laquelle vont s'accorder les Syriens, des élections démocratiques, et de la reconstruction du pays avec le retour des déplacés syriens chez eux, sans que ce retour ne soit lié à des conditions, sauf celles relevant de leur sécurité et de leur dignité".
La Syrie a été mise au ban du monde arabe depuis sa suspension par la Ligue arabe fin 2011, quelques mois après le début de la révolte dans ce pays. Mais une réintégration de Damas au sein de l'instance est désormais évoquée, et l'Irak, le Liban et la Tunisie ont appelé à un retour des représentants du régime syrien dans cette organisation.
Début avril, le secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmad Aboul Gheit, qui se trouvait à Beyrouth, avait estimé que la question de la réintégration de Damas dans les rangs de la Ligue "n'avait toujours pas mûri".
Par ailleurs, M. Bassil une nouvelles fois exposé les conséquences négatives de la présence de plus d'un million de réfugiés au Liban. "Je ne veux pas me répéter en parlant des conséquences qu'a la crise syrienne sur le Liban, tout le monde en est conscient. Mais je veux que nous fassions primer l'intérêt du Liban ici en Russie et que nous soutenions tous l'initiative russe pour un retour des déplacés chez eux, au lieu de se contenter de remercier le Liban de les avoir accueillis", a plaidé M. Bassil.
"Le Liban ne peut plus supporter (cette crise) et a besoin d'actes, avant les paroles et les financements. Il a besoin d'une solution durable, et non d'aides durables", a souligné M. Bassil. "Le Liban est une responsabilité arabe et internationale aujourd'hui, ce n'est pas uniquement à la Russie d'assurer le retour des déplacés", a ajouté M. Bassil. "Le Liban vous appelle pour lui venir en aide. Il n'y a pas de solution en dehors du giron arabe. Réintégrons la Syrie au sein de la Ligue, et œuvrons ensemble pour le retour des déplacés en Syrie", a conclu le chef de la diplomatie libanaise.
A l'ouverture de la réunion, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a exprimé l'espoir de renforcer la coopération arabo-russe, et a dit que le forum allait aborder la question palestinienne, les crises en Syrie et au Yémen, et la lutte contre le terrorisme.


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