Le ministre de la Justice recevant hier la presidente du TSL, la juge Ivana Hrdličková, accompagnée du juge Ralph Riachi et de l’avocat Nicolas Daou. Photo ANI
La présidente du Tribunal spécial pour le Liban (TSL), la juge Ivana Hrdličková, qui se rend régulièrement à Beyrouth pour mettre à jour les responsables libanais compétents sur les avancées du TSL, s’est entretenue hier successivement avec le ministre de la Justice Albert Serhan et la ministre de l’Intérieur Raya el-Hassan. Accompagnée par le vice-président du TSL, le juge Ralph Riachi, et l’avocat Nicolas Daou, la juge tchèque a également effectué une tournée inédite à Tripoli, où elle a été reçue par le bâtonnier Mohammad Mrad pour une rencontre avec un groupe de praticiens du droit au siège de l’ordre des avocats de la ville du Nord. Dans la suite de ses explications presque didactiques sur la structure du tribunal, Mme Hrdličková a affirmé que « le TSL a été créé dans des circonstances difficiles, mais son travail est totalement indépendant et mené loin de toute influence politique ».
Cette visite a lieu alors qu’est attendu (officieusement) le jugement du tribunal dans le procès par contumace de quatre membres du Hezbollah pour l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri. Les audiences avaient pris fin en septembre dernier.
Selon des informations du quotidien panarabe Ashark al-Awsat publiées la veille, une délégation sécuritaire internationale a précédé la présidente du TSL au Liban pour sonder les familles des victimes sur les susceptibilités qu’une éventuelle publication du jugement risque de provoquer. La délégation aurait rencontré plus de trois cents personnes, dont les proches des victimes de l’attentat du 14 février 2005 – qui participent au procès en tant qu’équipe autonome du bureau du procureur, ce qui est une première dans le droit international. L’équipe a eu l’occasion d’échanger avec le député Marwan Hamadé et l’ancien ministre Élias Murr, tous deux victimes de tentatives d’assassinat, le premier en octobre 2004 et le second en juillet 2005. Une rencontre aurait eu lieu également avec les proches de l’ancien secrétaire général du Parti communiste, Georges Haoui, assassiné en juin 2005.
Un nouvel acte d’accusation pourrait être publié et ouvrir un nouveau procès devant le TSL : cet acte pourrait porter sur les cas Hamadé, Murr et Haoui, dont le lien avec l’affaire Hariri aura été établi au préalable. En outre, une enquête serait menée sur l’assassinat du PDG d’an-Nahar Gebran Tuéni et la tentative d’assassinat de la journaliste et actuelle ministre May Chidiac en vue de la publication d’un autre acte d’accusation, selon les sources d’Ashark al-Awsat.


ILS ATTENDENT LE MOMENT PROPICE POUR NOUS DEBITER LEUR VERDICT. SI CE N,EST PAS DE LA POLITIQUE C,EST QUOI ALORS ?
15 h 35, le 04 avril 2019